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FINANCES DE L'OM | Compléments au dossier

Le dossier écrit sur les finances de l'OM est devenu en quelque sorte une référence pour de nombreux amateurs du club, passionnés par les enjeux financiers autour de l'OM.

Lors de mes lectures diverses et variées sur l'OM, j'ai eu l'occasion de noter plusieurs éléments qui viennent contextualiser un peu mieux les résultats financiers du club. Ces ajouts viennent principalement de 4 ouvrages :

  • Robert Louis-Dreyfus : L'incroyable odyssée d'un rebelle des affaires de Jean-Claude Bourdon et Jacques-Olivier Martin
  • Histoire secrète de l'OM de David Garcia
  • C'est bien plus qu'un jeu de Pape Diouf
  • Transferts de Marc Roger

imageAfin de ne pas pénaliser nos lecteurs fidèles qui ont déjà lu l'ensemble du dossier, voici les ajouts qui ont été effectués, année par année (vous n'avez qu'à cliquer sur le titre pour accéder à l'article).

1996-1997, les timides débuts de l'ère Louis-Dreyfus
(Robert Louis-Dreyfus) Afin d'obtenir la propriété de l'OM, RLD s'est engagé à investir 4 millions d’euros en recrutement de nouveaux joueurs, tout en injectant 20 millions d'euros dans le budget de fonctionnement du club, lors des 5 premières années de sa présidence.
À travers la société Eric Soccer, dont Robert Louis-Dreyfus est l'actionnaire unique, et qu'il a nommé ainsi du nom de son fils aîné, Eric, RLD rachète l'OM et transforme la SA économie mixte à objet sportif en SA à objet sportif (SAOS) avec un directoire et un conseil de surveillance. Eric Soccer a été constitué avec un capital de 1,5 millions d'euros et c'est Reto Stiffler qui prend la présidence du conseil d'administration d'Éric Soccer et celle du conseil de surveillance de l'OM. Le 14 décembre, c'est officiel, la Ville de Marseille annonce avoir cédé toutes ses parts de l'OM à Eric Soccer. Le montant de cet achat est de 3 millions d'euros, à payer en trois fois.

(Histoire secrète de l'OM) Les premiers apports de RLD ont lieu en juin 1997, avec les 2,2 millions d'euros nécessaires pour recruter Makelélé, que RLD donnera sur le champ à Dubiton en lui faisant un chèque. Quelques jours plus tard, la DNCG soulève la première menace de relégation de l'ère RLD (mais pas la dernière). Robert Louis-Dreyfus répond alors :"Dreyfus commerce depuis 150 ans et ça a toujours payé ses dettes" et s'assure d'apporter le montant nécessaire pour que l'OM ne se retrouve pas en D2.

1997-1998, reconstruire un grand club
(Robert Louis-Dreyfus) RLD lâche la bride à Rolland Courbis se démène et le recrutement de plusieurs joueurs majeurs comme Blanc, Dugarry ou Ravanelli s'est accompagné d'une forte croissance des dépenses. 20 joueurs sont recrutés pour plus de 30 millions d'euros, le club n'en récupérant que 6 en vendant 8 joueurs.

(Histoire secrète de l'OM) Pierre Dubiton, alors directeur financier de l'OM, interpelle RLD dès le mois de septembre 1997 sur les dérives du système Courbis et la probabilité d'un déficit, en lui écrivant, dans un courrier :"Je suis inquiet pour la situation financière du club. En effet, alors que l'on prévoyait un résultat positif de 11 millions de francs, si on ne parvient pas à transférer de joueurs, je pense que la situation, au 30 juin 1997, fera ressortir un résultat négatif de 20 millions de francs. L'écart vient du fait qu'à ce jour, presqu'aucun joueur n'a été cédé et que les plus-values budgetées ne sont pas réalisées". Dubiton essaie alors de forcer Courbis à vendre Eric Roy pour 2,2 millions d'euros et surtout de bloquer l'arrivée planifiée de Fabrizio Ravanelli pour 6,7 millions d'euros. Échouant dans les deux dossiers, il démissionne à la fin du mois de septembre.

1998-1999, le chant du cygne de la période Courbis
(Robert Louis-Dreyfus ) Selon le président délégué Jean-Michel Roussier dans le Monde, le 2 mars 1999 « sans cet apport (Nd.urba - celui de RLD), nous n’aurions pas pu mettre en place notre projet sportif. Nos recettes financent les frais d’exploitation du club, salaires compris. Elles ne couvrent pas les amortissements. Cela veut dire que nous sommes en situation de déficit chronique. Les avances du président et les augmentations de capital compensent les pertes ».
Selon Jean Ayel, le commissaire au compte, lors du procès de 2006, « Pendant la période 1997-1999, les pertes étaient gigantesques et l’alimentation de la trésorerie était faite chaque quinzaine par Robert Louis-Dreyfus ou la société Éric Soccer. Or, tous les quinze jours, il pouvait y avoir une avance de 15 à 30 millions de francs suivants les acquisitions de joueurs »
Le questionnement soulevé en mars 1999 par le directeur financier de l’époque Guy d’Arbonneau dans une missive à Jean-René Angeloglou est ubuesque : "quelle n’a pas été ma surprise en devisant au cours de la soirée d’hier avec le barman du Sofitel, lorsque j’ai appris de sa bouche que le joueur Diawara serait transféré à l’OM à compter du1er juillet 1999. Dois-je comprendre que c’est grâce au personnel hôtelier Accor que seront transmises les informations permettant à la direction financière de l’OM d’étudier les conséquences sur la trésorerie et l’exploitation de la société des investissements de joueurs. » Il démissionnera deux mois plus tard.
La folie recruteuse de Courbis se poursuit avec l'arrivée de plusieurs joueurs très demandés et prometteurs : Robert Pirès, Florian Maurice, Stéphane Porato, Peter Luccin ou Jocelyn Gourvennec. Mais la conclusion de cette saison est cruelle, et présage d'un futur tumultueux avec l'ouverture, le 1er Juin 1999, d'une enquête préliminaire sur les comptes de l'OM.

2000-2001, atteindre le fond du trou
(Robert Louis-Dreyfus) Un audit est demandé à PriceWaterhouseCoopers et le constat est encore une fois accablant, déroulé sur 144 pages lapidaires qui fustigent la gouvernance du club et les impacts financiers qui en découlent. « les actions prises émanent souvent d’initiatives personnelles au lieu de résulter d’un processus de décision logique. Ces actions privilégient tantôt l’aspect sportif, tantôt la rentabilité financière, tantôt l’image du club, tantôt la satisfaction des supporters en attribuant une vocation sociale au club, voire l’intérêt particulier. » Le rapport soulève également que la masse salariale chargée représente 87% du CA du club.A l’automne 2000, RLD annonce également chercher un repreneur pour vendre le club.
Cette saison « horribilis » s’achève par un virement effectué dans l’urgence de 23 millions d’euros, depuis sa chambre d’hôpital aux États-Unis, afin d’éviter au club la relégation décidée par la DNCG.

2001-2002, l'année de la mort

(Transferts) D'après Marc Roger dans son autobiographie, RLD lui confie dans son jet privé :"Je vais prendre Bernard Tapie à l'OM suite à des arrangements sur d'autres affaires". RLD lui confie alors qu'il s'agit d'un "deal ultra-secret" avec Tapie, il lui laisse récupérer des commissions sur les transferts de l'OM qu'il réalisera et en échange Tapie s'engage à ne poursuivre que le Crédit lyonnais dans l'affaire du rachat d'Adidas et à laisser RLD en dehors de ce dossier.

(Robert Louis-Dreyfus) Lors d’une entrevue sur OMTV le 2 avril 2002, RLD signale qu’il a été trompé, et que s’il va remettre de l’argent pour sauver le club, il va également exiger de restructurer le club, en diminuant l’effectif de 42 à 24 joueurs professionnels et en réduisant la masse salariale d’un tiers. Il impose également un plafond salarial, avec des revenus beaucoup plus basés sur les performances de l’équipe. Le club va également faire l’objet d’une restructuration organisationnelle avec la nomination d’un PDG pour Éric Soccer (qui s’avérera être Bouchet) et d’un manager général pour le club (Perrin)

2004-2005, le retour des déficits énormes

(C'est bien plus qu'un jeu) Dans son autobiographie, Pape Diouf revient sur le transfert de Didier Drogba :"Bouchet m'annonce "Chelsea vient de faire une offre de 30 millions d'euros et le patron veut le vendre". (...) Je suis parvenu à faire passer le montant du transfert de 30 à 37 millions d'euros. (...) on s'était mis d'accord avec Chelsea : les 37 millions d'euros seraient ramenés à 34 millions d'euros si le club payait cash."

2008-2009, une fin sous forme de chant du cygne
(Robert Louis-Dreyfus) En mai 2009, alors que RLD vivait ses derniers jours, il prend la décision d’intervenir pour obtenir une revalorisation du contrat avec Adidas plus favorable pour l’OM. Il envoie un mail à Eric Stamminger, un des dirigeants d’Adidas, en lui donnant un ultimatum : si les conditions financières n’étaient pas revues en urgence, l’OM changerait d’équipementier et signerait avec Nike. Peu avant sa mort, la réponse arrive, si l’OM signe une prolongation de contrat, les redevances sont doublées en passant de 5 à 10 millions par an.
Dernier cadeau avant sa mort, à la fin du mois de juin, il décide de ne pas activer la clause de retour à meilleure fortune pour permettre à l’OM de recruter Lucho.

2009-2010, surfer sur la vague pour décrocher un titre

(C'est bien plus qu'un jeu) Dans son autobiographie, Pape Diouf décrit bien la folie dépensière qui s'est emparée de l'OM suite à son départ :"Quand Didier (Deschamps) m'avait parlé de Lucho, le milieu argentin de Porto, je lui avais répondu "Desch', Lucho a 28 ans, je ne sais pas combien il coûte, je ne peux pas te le promettre". En revanche, on avait déjà pris contact avec Diawara et Mbia. Après mon départ, il a obtenu tout ce qu'il voulait : Lucho, mais aussi Heinze avec un salaire démentiel. La donne avait changé, il avait carte blanche mais l'OM a acheté Lucho 22 millions d'euros alors qu'il avait une clause à 15 millions pour quitter Porto (...) pour la venue de Diawara, nous étions en fin de négociations à un salaire de 120 000 euros par mois, je pense qu'il a signé pour le double. De même on devait discuter avec Rennes, pour la venue de Stéphane Mbia, sur une base de 8 millions d'euros et il a été acheté 12 millions."

 

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