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FINANCES DE L'OM | 1998-1999, le chant du cygne de la période Courbis

OMFORUM DÉCRYPTE | L'analyse des résultats de l'OM, à partir des comptes détaillés publiés au greffe, et des rapports de la DNCG, permet de constater que le club marseillais a connu des années très contrastées. Nous allons vous proposer une analyse et un bilan financier de ces différents résultats, en découpant les années selon les présidents en fonction. Cette série est consacrée au tout début de l'ère Louis-Dreyfus, lorsque RLD était le président de l'OM. 



1998-1999 : Maurice, Pirès et Gourvennec viennent très fortement renforcer l’ équipe, Dugarry et Blanc viennent d’être sacrés champions du monde. L’OM fait clairement figure de favori en championnat. Au terme d’une dernière journée qui voit Bordeaux gagner à Paris (sic), l’OM termine 2ème de D1 après une très belle saison. En Coupe UEFA, les olympiens échouent en finale face à Parme. En Coupe de la Ligue, l’OM est éliminé à Lens après une séance de penalties très litigieuse. Comme la saison précédente, la seule satisfaction de cette saison frustrante est la qualification en Coupe d’Europe, cette fois ci en Ligue des Champions.

Après tous ces investissements effectués lors de la saison 1997-1998, RLD s'attend enfin à obtenir un titre et à se qualifier pour la LDC, Rolland Courbis a eu les pleins pouvoirs pour construire son effectif.

Le chant du cygne de la période Courbis

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La saison 1998-1999 est de nouveau marquée par un investissement important avec des recrutements de 10 nouveaux joueurs pour un montant total de 31 millions. 5 joueurs sont vendus pour un total de 5 millions et deux partent en prêt.

Cette saison restera comme la plus réussie de l'ère RLD, malgré un sentiment d'échec, avec un titre perdu à la dernière journée suite à la victoire de Bordeaux à Paris, et une épopée en coupe de l'UEFA interrompue en finale par une équipe de Parme survitaminée.

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Boostés par ces très bons résultats sportifs, les produits d'exploitation ont été multipliés par 2,5 pour atteindre un montant record de 68 millions d'euros.

L'OM atteint un nombre record d'abonnés avec 40 000 cartes vendues et le merchandising continue son expansion avec l'ouverture d'une boutique sur la Canebière (les bénéfices restent néanmoins marginaux).

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L'ambitieuse campagne de recrutement, marquée notamment par les arrivées de Maurice, Luccin, Pires ou Bravo, s'est traduite par un impact sur les charges de 20 millions d'euros. L'explosion de la masse salariale chargée, évaluée à 34 millions d'euros ajoutée aux transferts a entraîné des charges records à hauteur de 73 millions d'euros. À noter qu'il s'agit du premier exercice à comptabiliser les commissions l'année de la signature au lieu d'être amorties.

L'OM connaît donc un nouveau déficit d'exploitation, cette fois-ci à hauteur de 5 millions d'euros. Les résultats exceptionnels sont également à nouveau négatifs et le déficit final pour la saison s'élève donc à 8 millions d'euros. L'OM possède à ce moment-là une structure de coûts nécessitant impérativement de jouer la LDC chaque année sous peine d'être déficitaire.

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Afin de combler ce déficit, RLD procède à une nouvelle augmentation de capital à venir avec une avance de 8 millions d'euros effectuée au 30 juin 1999, à comptabiliser pour la saison suivante.

Les résultats financiers catastrophiques malgré les excellents résultats sportifs démontrent deux choses : l'OM vit au dessus de ses moyens et la gestion est pour le moins contestable.

Selon le président délégué Jean-Michel Roussier dans le Monde, le 2 mars 1999 « sans cet apport (Nd.urba - celui de RLD), nous n’aurions pas pu mettre en place notre projet sportif. Nos recettes financent les frais d’exploitation du club, salaires compris. Elles ne couvrent pas les amortissements. Cela veut dire que nous sommes en situation de déficit chronique. Les avances du président et les augmentations de capital compensent les pertes ».

Selon Jean Ayel, le commissaire au compte, lors du procès de 2006, « Pendant la période 1997-1999, les pertes étaient gigantesques et l’alimentation de la trésorerie était faite chaque quinzaine par Robert Louis-Dreyfus ou la société Éric Soccer. Or, tous les quinze jours, il pouvait y avoir une avance de 15 à 30 millions de francs suivants les acquisitions de joueurs »
Le questionnement soulevé en mars 1999 par le directeur financier de l’époque Guy d’Arbonneau dans une missive à Jean-René Angeloglou est ubuesque : "quelle n’a pas été ma surprise en devisant au cours de la soirée d’hier avec le barman du Sofitel, lorsque j’ai appris de sa bouche que le joueur Diawara serait transféré à l’OM à compter du1er juillet 1999. Dois-je comprendre que c’est grâce au personnel hôtelier Accor que seront transmises les informations permettant à la direction financière de l’OM d’étudier les conséquences sur la trésorerie et l’exploitation de la société des investissements de joueurs. » Il démissionnera deux mois plus tard.

Cette période de l'ère Louis-Dreyfus se conclut donc par la nomination du suisse Yves Marchand comme président de l'OM, RLD prenant du recul. L'objectif du nouveau président, cadre dirigeant très réputé d'Adidas, va être de poursuivre l'amélioration des résultats sportifs, tout en rendant le club rentable.

Mais la conclusion de cette saison est cruelle, et présage d'un futur tumultueux avec l'ouverture, le 1er Juin 1999, d'une enquête préliminaire sur les comptes de l'OM.

 

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