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Nouvelle saison : Qu'attendons-nous de l’OM ? | TACTIQUE ET ADVERSITE (2/2)

Suite et fin de notre revue de la nouvelle saison

Le football français reprend ses droits, l’OM en première ligne et plus que jamais seul champion d'Europe français. S’il est particulièrement difficile de s’aventurer à des pronostics, entre un mercato semi-gelé, une absence de repères vieux de moins de 5 mois et la présence toujours menaçante de la pandémie qui promet encore de nombreux épisodes tragicomiques, rien n’empêche de s’aventurer à deviner à quoi pourrait ressembler l’OM post-covid de l’an Villas-Boas II.

Episode 1 : L'effectif
Episode 2 : Tactique et adversité

La tactique

Valère Germain est toujours présent à Marseille, soyez vigilants

Le beau jeu relégué à l'infirmerie

Au cours de sa carrière, AVB a souvent oscillé entre des principes de jeu forts et inamovibles et un certain degré de compromis forcé par les circonstances.

Cela s’est retrouvé la saison dernière : on a pu entrevoir, en début de saison, des phases de jeu léché aux similitudes marquées avec ce qu’on pouvait voir dans son FC Porto. Mais les départs de joueurs cadres de l’effectif sur lesquels il avait basé ses plans (Gustavo et Ocampos, principalement) associés à la blessure de Thauvin l’ont finalement contraint à adopter une tactique basée avant tout sur la supériorité physique de l’ensemble défense/milieu, par l’utilisation d’un pressing intensif comme outil offensif principal.

Dans les phases de jeu plus classiques, l'OM s'est retrouvé trop dépendant du talent de Payet , au point de parfois renier l’ambition de dominer le match offensivement pour mieux aspirer l’adversaire et faciliter les transitions et l’exploitation de l’espace en contre (vu à partir du déplacement à Angers, et de plus en plus au fil du déclin physique de l’équipe et plus particulièrement de Rongier).

On ne change pas une équipe qui presse

Cette tactique a progressivement montré ses limites, jusqu’à commencer à dérailler au moment où l’interruption de la saison a eu lieu.

On pouvait penser qu’avec les renforts de Balerdi et Gueye, qui ont permis de rééquilibrer l’effectif et notamment d’offrir beaucoup plus de possibilités au milieu, ainsi que le retour d’un Thauvin en pleine possession de ses moyens physiques, AVB tenterait de revenir à ses ambitions du début de saison dernière.

Pourtant, autant ses dernières déclarations que ses choix au cours des matchs amicaux (en particulier les deux derniers contre le Bayern et Nîmes) démontrent une volonté de rester dans la lignée de ces choix tactiques opérés à partir de novembre 2019. AVB assume même de préparer l’équipe à jouer avec un bloc « plus bas », pour les grandes confrontations qui attendent l’équipe en C1.

Oups désolé, erreur d'image. Quel maladroit

Un principe de réalité en L1

Si cette poursuite dans une certaine forme de compromission peut inquiéter, tant celle-ci a montré ses limites (en termes de jeu d’abord, puis de plus en plus en termes de résultats), elle peut toutefois se montrer légitime au moins dans l’approche du début de saison. On le sait, le calendrier de l’OM est très relevé sur les deux premiers mois, avec une série de matchs contre des concurrents directs au podium et le PSG notamment ainsi que le début de la Ligue des Champions.

En effet, l’OM s’est avéré une équipe redoutable face aux équipes les plus ambitieuses du championnat, et doit principalement sa deuxième place aux bons résultats arrachés contre les Lyon, Lille, Rennes ou Saint-Etienne, à l’opposé de ce qu’on avait vu sous Rudi Garcia. Et c’est principalement contre ces équipes que l’OM devra prendre un bon départ.

Profiter des circonstances en Europe

De plus, concernant la C1, on peut envisager que l’OM ait un avantage physique significatif sur les équipes étrangères n’ayant pas pu préparer la nouvelle saison dans des conditions optimales, avantage comparable avec celui qu’on peut observer en ce moment avec les équipes allemandes en comparaison avec les équipes espagnoles et italiennes notamment sur la fin de la C1 2019-2020. Dans une optique de court-terme, en tenant compte du fait que le mercato peut se décanter très tardivement et que l’effectif pourrait rester extrêmement proche de celui de l’an dernier jusqu’à fin septembre, cette approche peut être tout à fait défendable pour prendre un bon départ.

Gare à la fatigue sur la durée

Malgré tout, comme on a pu en observer les limites à partir de la reprise hivernale, il est peu probable que cette approche tactique puisse porter ses fruits sur l’ensemble de la saison en raison de l’usure physique qu’elle occasionne. Certes, les possibilités de rotation supplémentaires peuvent permettre de préserver la fraîcheur des troupes sur une plus longue durée ; mais la présence de la C1 au calendrier viennent relativiser cet argument, d’autant plus que les titulaires et les remplaçants notamment au milieu ont des profils assez différents et ne sont pas parfaitement substituables en fonction de la tactique (ce qui peut notamment expliquer pourquoi AVB a été si réticent à reposer Sanson et Rongier la saison dernière malgré leur usure manifeste, alors que Lopez et Strootman rongeaient leur frein sur le banc).

De plus, si l’OM a réussi à obtenir des résultats contre les équipes moins ambitieuses du championnat ainsi, cela a été au cours de matchs aux scénarios anormalement tendus au vu de la différence de qualité des effectifs, qui ont nécessité des exploits individuels pour sortir des pièges tendus par l’adversaire.

De gré ou de force, Villas-Boas va donc devoir préparer son équipe à diversifier ses plans de jeu pour optimiser les résultats de l’équipe. Pour l’heure, cela ne semble pas être la priorité du technicien portugais ; mais au vu des compétences tactiques qu’il a démontré, on ne peut qu’envisager que celui-ci soit conscient de ces faiblesses et y remédie, une fois les premières difficultés majeures du calendrier dépassées.

L'adversité

Des supporters dans le stade, pas de pandémie mondiale, une victoire en finale... ne serait-ce pas l'Olympique de Marseille, à jamais le premier et seul champion d'Europe français ?

On ne peut évidemment évaluer les chances de l’OM de confirmer la 2e place acquise la saison précédente sans jeter un œil aux concurrents susceptibles de faire mieux. Et s’il est peu probable que l’heureux concours de circonstances de la saison précédente avec des adversaires attendus qui ont tous été sous-performant se reproduise, il existe néanmoins des raisons d’être optimiste.

Les Lollois

L’Olympique Lyonnais, tout d’abord. L’adversaire le plus régulier et dangereux de l’OM depuis maintenant de longues années ne devrait a priori pas connaître une saison aussi mauvaise que la précédente en championnat, malgré le management d’un Rudi Garcia toujours aussi douteux et dans la droite lignée de sa dernière saison marseillaise.

Mais l’OL aura l’avantage relatif d’avoir un calendrier libéré de toute coupe d’Europe. Ce qui est un avantage certain pour un effectif quantitativement très réduit comme l’OM de la saison précédente peut toutefois s’avérer à double tranchant pour un club qui produit des jeunes talentueux à foison et qui est dirigé par un coach ayant montré de grandes limites dans sa capacité à gérer un effectif et à préserver l’implication de toutes ses troupes dans ces conditions.

De plus, il est permis de penser que l’équipe va plutôt s’affaiblir d’ici la fin du mercato, avec notamment le départ de l’incontournable Depay qui semble inéluctable.

Le Trading FC

Le LOSC, ensuite. De par son modèle de développement, on sait que le club de Gérard Lopez est soumis à une instabilité chronique, aggravée cette année par son incapacité à se maintenir dans le wagon des clubs qualifié en Ligue des Champions.

Si celui-ci semble toujours capable de remplacer ses éléments partants par des joueurs au potentiel équivalent voire supérieur grâce au talent et aux réseaux de Luis Campos, il subsiste toujours un risque que la dynamique collective ne soit trouvée trop tardivement (comme ça a été le cas la saison dernière), voire qu’elle ne soit jamais trouvée.

L’équipe entraînée par le toujours astucieux Christophe Galtier, qui ne déçoit pas depuis son arrivée sur le banc lillois, risque malgré tout d’être au rendez-vous de ses promesses et de rester l’adversaire le plus dangereux pour l’OM dans sa course au podium et plus particulièrement à la 2ème place.

Eh beh, décidément... Désolé, mauvaise photo encore, flute alors

Les défiscalisés du Rocher

Parlons aussi de l’AS Monaco, qui ressemble de plus en plus à une version malade et caricaturale du LOSC. Club malade d’un effectif en révolution constante et d’un recrutement boulimique qui semble perdre toujours un peu plus en qualité et en inventivité depuis le départ de Campos, celui-ci peut malgré tout toujours prétendre sur le papier à une supériorité sur la majorité des clubs de L1, ce qui suffit pour continuer de le considérer comme un potentiel adversaire crédible si jamais les planètes s’alignent et que Kovac

parvient à tirer le meilleur de son équipe. Mais il existe à ce stade peu d’éléments laissant penser que celui-ci, après un parcours très mitigé au Bayern et des références pas beaucoup plus solides que ses prédécesseurs, puisse réussir là où ces derniers ont échoué.

Les losers bretons

Reste enfin le Stade Rennais, le club qui a terminé le plus proche de l’OM la saison dernière. Mais sa dynamique laissait penser qu’il aurait fini derrière le LOSC si la saison s’était poursuivie.

S’il ne fait pas de doute que le club devrait rester une équipe solide cette saison, leur relative frilosité dans le recrutement fait qu’il est peu évident de les imaginer franchir le cap nécessaire pour maintenir leur position dans un championnat où la concurrence aura du mal à être moins compétitive que l’année précédente.

 

En cohérence avec l’identité start-up nation assumée par la direction, voici un SWOT pour synthétiser les atouts et faiblesses de l’OM cette saison

Le pire adversaire de l'OM : lui-même

Malgré les failles évoquées plus haut chez toutes ces équipes, il est probable qu’au moins l’une d’entre elle se rapproche voire dépasse la fameuse barrière des deux points par matchs, qui autrefois suffisait souvent à déterminer le champion et qui désormais ne sert de baromètre que pour la lutte aux deux dernières places du podium. Mais l’OM dispose d’une marge d’amélioration au moins aussi importante que ces équipes.

On peut donc conclure en disant que tout classement inférieur à la troisième place constituera une contre-performance évidente, pour une équipe qui a su tenir ce rythme en l’absence de tout banc digne de ce nom et avec au moins un voire deux trous béants dans le onze type de l’équipe, en l’absence de Thauvin et d’un vrai 6 de haut niveau avant que Kamara ne s’y impose, alors même que l’OM dispose d’un avantage important sur la majeure partie de ses concurrents : celui de la stabilité.

Objectif : champions d'Europe (non)

S’il existe certaines zones d’ombre et certains motifs d’inquiétude concernant la saison qui arrive, l’heure ne doit pas être au fatalisme. L’OM devrait disposer, au moins au 5 octobre (date de fin de ce mercato prolongé), de tous les outils pour confirmer sa qualification en C1. Charge à Villas-Boas d’en tirer le meilleur, comme il en a été capable la saison précédente, au moins par séquences.

En ce qui concerne la coupe d’Europe, en des circonstances normales, il aurait été déraisonnable de viser plus que la 3e place des poules, sauf tirage absurdement favorable. Mais le déséquilibre des conditions physiques entre championnats risque de redistribuer toutes les cartes, à l’avantage des clubs français, et encore plus de ceux n’ayant pas participé au Final 8 en cours.

Que le club profite de l’occasion pour redorer son image internationale en s’offrant le scalpel d’une ou deux belles équipes. Sans gloire et avec cynisme, à l’image de ce foot post-covid. Et qui sait ce qui peut arriver

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