La genèse des chants olympiens

Voilà près d’un an que les supporters olympiens sont privés de leur substance. Privés de stade, privés de jeu, privés d’une équipe de ce sport qu’on appelait jadis le football. Les travées du Vélodrome ne résonnent plus et les dirigeants du club ne raisonnent plus. Les stigmates issues de ces périodes pagnolesques et pangolinesques ne s’effaceront pas de sitôt.

Comme un symbole pour mettre en exergue cette annus horribilis, Eddie Van Halen, fondateur de Van Halen et compositeur de Jump, a préféré aller rejoindre Raymond Goethals, Pape Diouf ou encore Fernandão sur l’Olympe.

Jump, c’est cet hymne ringard pour certains et ringard pour d’autres qui demeure mythique pour tous. Celui qui vous donne la chair de poule un samedi 25 août à 17h00 en plein cagnard pendant l’entrée des joueurs.

C’est l’une des chansons qui avait l’habitude d’enflammer le Stade.

Toutefois, avant de donner de mauvaises idées au service marketing du Club et de faire un maillot hommage à Van Halen, il est temps de s’intéresser aux autres chants. Ceux qui sont entonnés à plein poumon les soirs de match au Vélodrome et ailleurs.

Les chants des supporters de l’Olympique de Marseille.

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En attendant le retour des fins de soirées qui chantent, OMForum s’est penché sur les origines des chants olympiens.

Il s’agit d’une sélection de 12 chants. 12 comme le douzième homme.

N° 1 : Allez, allez l’OM, allez, allez l’OM allez

« Allez, allez l’OM, allez, allez l’OM allez !
Allez marseillais ! Marseillais ! Marseillais ! Marseillais ! »

Probablement l’un des chants les plus connus des supporters marseillais. L’air provient de la « marche des trompettes » de l’Opera de Verdi : Aïda, créé en 1871 (Acte II, second tableau).

Il est joué lors du retour de l’armée égyptienne après sa victoire contre l’armée éthiopienne.

Appelée aussi La marche triomphale, ce chant colle parfaitement à l’histoire de l’OM, notamment quand notre équipe est revenue victorieuse du tournoi des EA Ligue 1 Games !

 

N° 2 Ce soir on vous met le feu

« Ce soir on vous met, ce soir on vous met le feu… ad lib »

Non ! Cette chanson n’a pas été composée par Charlie et Lulu à l’occasion de leur passage dans l’émission 40° à l’ombre à Saint Cyr sur mer.

L’air de ce chant est emprunté à Annie Cordy qui avait repris en français la chanson Rosamunde, elle-même étant une reprise allemande de la célèbre « Modřanská Polka » du tchèque Jaromír Vejvoda, sortie en 1927.

La légende veut que le 18 avril 1992, lors d’un déplacement à Monaco, des supporters aient vu la veille Annie Cordy chanter « Frida Oum Papa ». Une victoire 3-0 après, ce chant est devenu un incontournable.

Notons qu’I AM a repris également ce morceau dans « Le feu » en 1994.

 

N°3 : Dans tous les stades on a chanté…

« Dans tous les stades on a chanté
C'est nous l'armée des marseillais
Et pour l'OM, il faut chanter
Allez l'OM allez allez... »

Ça ne s’invente pas, l’air de ce chant est tiré d’une chanson de la Bande à Basile sortie en 1977.

Avant de s’imposer dans les virages pour faire monter la température de quelques degrés, la Chenille a d’abord enflammé les soirées de mariage, une fois que le sang des invités fût monté lui aussi de quelques degrés.

 

N° 4 : De bon matin

« De bon matin, j'ai rencontré le train,
Des marseillais qui partaient en voyage.
De bon matin, j'ai rencontré le train,
Des marseillais qui partaient en chemin »

Avant d’être la « chanson du Moussu » de Massilia Sound System (et avant d’être une chanson de Sheila), la mélodie, popularisée par Bizet dans son Arlésienne (aucun lien avec Djibril Cissé) est un chant de Noël provençal célébrant l’Épiphanie et les Rois Mages.

Peut-être que, comme les Rois Mages, nos olympiens seront à nouveau guidés par l’étoile sur le maillot.

 

N° 5 : Hissez haut les drapeaux

« Allez l’OM, allez marseillais, Hissez haut, les drapeaux,
Tous unis sous les mêmes couleurs,
Le virage reprendra en chœur,
Allez l’OM, allez marseillais, Hissez haut, les drapeaux.
Tous unis sous les mêmes couleurs, Le virage chante avec ferveur… »

L’air marin de ce chant est une reprise de Santiano d'Hugues Aufray sorti en 1961.

Santiano est l’adaptation d’un chant anglais de matelots : Santianna, aussi connu sous les noms « Santiana », « Santy Anna », « Santayana », « Santiano » ou encore « Santy Anno ».

C’est le Commando Ultra qui a repris cette chanson en voulant créer leurs propres chants, en adaptant des chansons françaises, issues du folklore.

 

N° 6 : Qui saute pas

« Qui saute pas n’est pas marseillais ! AIS !!! »

Ce chant qu’on ne présente plus reprend l’air de Bella Ciao, le chant des partisans. Hymne de la résistance italienne dont la mélodie est empruntée à une chanson populaire du même pays du début du XXe siècle.

Chant antifasciste, il manque peut-être un peu plus que les autres ces jours-ci.

 

N° 7 : Aux armes

« Aux armes,
Nous sommes les marseillais,
Et nous allons gagner,
Allez l’OM
Allez l’OM
Ohohohohohohohohohoh… »

On ne reviendra pas sur le « Aux armes » et son origine pas très glorieuse. A la place, on reprendra un petit coup de Bella Ciao.

Ce qui nous intéresse, c’est le « ohohohohoho ».

Si on retrouve cet air dans le générique du dessin animé Roger Ramjet, c’est avant tout un chant militaire anglais datant de la guerre de 7 ans (1756-1763) intitulé Yankee Doodle

Cet air est ensuite devenu un chant patriotique pour les Américains. C'est également l'hymne de ce bon vieux Connecticut.

 

N° 8 : Allez les Marseillais

« Allez les marseillais
On chante avec fierté
Sans rien lâcher
L'OM allez ! »

Continuer à supporter notre club malgré les gestions calamiteuses des directions successives tient du miracle. C’est peut-être grâce à cette chanson qui est une reprise de Rivers Of Babylon, chant populaire des communautés Rasta dont les paroles sont tirées d’un psaume de la Bible.

Devenue plus célèbre grâce aux reprises de The Melodians (1969) et surtout de Boney M (1978), cette chanson qui parle d’un type qui pleure assis à côté d’un fleuve n’est pas sans rappeler le sentiment qui nous habite régulièrement à chaque fin de match depuis quelques années.

 

N° 9 : Jean-Michel Aulas

Ce n’est pas un chant ancien mais il fallait bien rappeler que si l’OM est une institution, ses supporters aussi. Les années passent, eux restent et font évoluer les chants.

« Jean-Michel Aulas
Jean-Michel Aulas
On va tout casser chez toi… »

Nos amis de West Ham avaient préalablement réservé ce chant à Dimitri Payet, du temps où il était le meilleur joueur français de l’univers.

Ce chant est inspiré de Don't Tell My Heart de The Marcy Brothers sortie en 1991 et popularisée par Billy Ray Cyrus en 1992 dans sa version Achy Breaky Heart.

Si la chanson dédiée à Dimitri Payet a été adaptée en français pour Jean Michel Aulas, Achy Breaky Heart a également été adaptée dans la langue de Molière par Corbier avec Laissez les mamies faire.

 

N° 10 Agitez les drapeaux dans l’arène

« Agitez les drapeaux dans l'arène
Et frappez des tambours pour l'OM
Quand le virage sud s'écrira
Allez l'OM on est tous avec toi »

Il s’agit d’un chant inspiré par une chanson du folklore canadien datant de la deuxième partie du XIXe : Red River Valley.

Le thème de la chanson peut naturellement être mis en parallèle avec le club. Un homme qui ne cesse de se rappeler de la femme qu’il a aimé d’un amour sincère.

Reprise un nombre incalculable de fois, elle est devenue une chanson incontournable de la cow boy music.

N° 11 : Combattre pour l’OM

« Nous les champions d’Europe,
Nous les Marseillais,
Tous pour la victoire ensemble il faut chanter,
Tout le virage sud, unissons nos efforts,
Combattre pour l’OM à la vie, à la mort ! »

Il fallait bien un chant inspiré d’une chanson qui se passe en Provence au milieu des moutons, dans le sud de la France au pays des santons.

Deuxième chanson empruntée à Hugues Auffray, « le petit âne gris » sorti en 1968.

 

N° 12 : N'oublie jamais

« Et n'oublie jamais le virage qui t'a encouragé
Ces milliers de marseillais qui vont te chanter
Allez l'OM, allez,
Allez l'OM, allez,
Allez l'O-M,
Allez l'OM, allez
Ohohohohohoho… »

Chant que Simon Gruber ne renierait pas.

La mélodie provient de la chanson « Johnny, I Hardly Knew Ya », chant populaire irlandais du début du XIXe siècle.

Chant antiguerre, il fut repris pendant la Guerre de Sécession et devint « When Johnny Comes Marching Home » par la plume de Patrick Gilmore en 1863.

 

D’Hugues Auffray à Annie Cordy en passant par Verdi, les groupes de supporter ont su puiser dans un vaste champ musical. C’est peut-être d’ailleurs la définition parfaite des supporters olympiens. Venus d’horizon différents, unis pour encourager leur équipe, avec une ferveur aussi puissante qu’un opéra de Bizet et aussi éclatante qu’un pantalon de Sheila.

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