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Deuxième partie : Le « Projet Manchester United » de Vincent Labrune, ou le pouvoir du L.B.O

OMFORUM DÉCRYPTE | Dans les coulisses de l'OM, les intrigues ressemblent à celles de la série House of Cards. Voici pour vous un dossier en trois actes qui dévoile le jeu des acteurs et les atouts qu'ils peuvent abattre.


Première partie : Prélude à l'avenir d'un club : les ambitions de Labrune

Deuxième partie : Après le Bayern du sud et le projet Dortmund : le projet Manchester United

Troisième partie : À nos risques et périls


Partie 2 sur 3 | Après le Bayern du sud et le projet Dortmund : le projet Manchester United

labrune

Première étape

La première étape pour Labrune est de rendre le club financièrement sain. C'est-à-dire que le budget doit être à l'équilibre hors indemnités de transfert des joueurs. Très souvent dans l'histoire moderne de l'OM, celui-ci a dû être obligé de vendre des joueurs pour boucler le budget et passer devant la DNCG. Comme le Professeur Urbain l'a expliqué dans son excellent dossier, il y a plusieurs postes de recettes et dépenses. Certaines fixes et prévisibles, d'autres variables et imprévisibles.

Le principal poste de dépenses prévisibles est la masse salariale du secteur sportif. Celle-ci doit donc rester inférieure aux recettes de la billetterie ainsi qu'aux revenus issus des sponsors et droits TV (en prenant en compte un risque sportif faible). Avec un budget maîtrisé, l'argent gagné grâce aux transferts des joueurs serait ainsi de l'argent disponible pour réinvestir.

C'est ce que Labrune essaye de faire depuis de nombreuses années en laissant partir tous les gros salaires.

Deuxième étape

Tous ces départs ont aussi une conséquence importante : la dévaluation de la valeur marchande du club.
Il y a peu de temps l'OM était estimé à une valeur proche de 200 millions d'euros. Ce qui est beaucoup trop cher pour que l'opération soit réalisable. Pour que l'effet de levier par endettement du LBO soit efficace, il faut que le plus d'argent possible soit investi dans les joueurs.

La valeur de l'Olympique de Marseille est constituée de ses actifs et de ses passifs. Les passifs sont, en résumé, les dettes du club. Les actifs sont l'ensemble de la valeur des joueurs sous contrat. En laissant partir ainsi ses joueurs de valeur sans toucher d'indemnités de transferts, l'OM perd de sa valeur. De plus, en recrutant beaucoup de joueurs en prêt cette année, Vincent Labrune s'assure d’avoir une équipe complète sans recrutement de joueurs et ainsi en n'augmentant pas la valeur de l'actif.

À la fin de la saison, sûrement très peu de joueurs en prêt seront conservés, Nicolas Nkoulou et (peut-être) Steve Mandanda, deux gros salaires, devraient partir libres. Michy Batshuay et Benjamin Mendy devraient être vendus pour compenser les pertes de la saison en cours ou atterrir dans les poches de MLD.
De nos jours, la valeur du club est estimée entre 50 et 100 millions d'euros.

Troisième étape

Maintenant que le club peut être acheté à bas coût une grande partie de l'emprunt réalisé va aller en investissement joueurs et en indemnités de transfert. Mais l'OM va devoir rembourser l'emprunt grâce aux plus-values faites sur les transferts. Pour cela, l'OM doit acheter malin et bien vendre des joueurs à fort potentiel de plus-value. Et pour les autres cas, se limiter à des joueurs en prêt. L'OM ne pourra plus se permettre de payer le prix fort des joueurs d'expérience. La situation ressemble à la saison actuelle.

Dans une L1 faible, un club qui arrive à investir fortement devrait pouvoir tirer son épingle du jeu et pouvoir finir deuxième ou troisième. Si le club reste sain avec une masse salariale budgétisée pour une place inférieure, alors des bénéfices supplémentaires pourront servir à rembourser la dette et à réinvestir dans de nouveaux joueurs.

On peut donc supposer que Labrune compte se reposer sur ses réseaux pour gérer le sportif et notamment sur ses liens avec Doyen Sport. C'est ce qu'on appelle un accord gagnant-gagnant. Vincent Labrune dispose du carnet d'adresses de Doyen Sport en joueurs à potentiel ainsi que celui des joueurs faisant banquette et recherchant un prêt. Et Doyen Sport peut faire de l'OM sa vitrine en France et en Europe de jeunes joueurs d'avenir.

L'OM est un club idéal pour ça. Il a une forte exposition médiatique mondiale, l'afflux d'investissements et de joueurs va permettre un regain d'intérêt pour le club. Et on connaît tous la propension des supporteurs à s'enflammer et à encenser le premier jeune sud-américain venu faisant cinq bons matchs d'affilée.

Les intérêts de Labrune et de Doyen Sport peuvent se rejoindre pour que Marseille (re)devienne une place forte de l'import-export entre l'Europe et l'Amérique.

L'exemple Manchester United

ferguson glazer

Glazer, Glazer, Sir Alex Fergusson, Glazer & Glazer.

Il existe un cas célèbre de LBO dans le football, il s'agit du rachat de Manchester United par la famille Glazer.
En 2005, la famille Glazer rachète Manchester United pour 790 millions de livres. Le club, qui jusqu'à présent n'avait aucune dette, annonça qu'il en a une nouvelle de 558.9 millions de livres. On peut donc supposer que les Glazer ont emprunté cette somme pour faire leur LBO et mis 275 millions de leurs poches. À la fin du processus d'achat, la valeur de MU est estimée à 800 millions de livres. À ce moment-là, les intérêts de la dette sont de 60 millions de livres par an.

La suite est assez complexe. On peut donner des informations sur des étapes importantes. En 2010, la dette est annoncée à 800 millions de livres. En 2012, elle est de 537 millions. Et en 2015, 380 millions de livres.
Un groupement de supporteurs de Manchester United estime qu'en 10 ans, la famille Glazer a prélevé 1 milliard de livres dans les finances du club pour payer la dette, principalement des intérêts, des frais bancaires et probablement eux-mêmes. Il semblerait aussi que la dette aurait pu être remboursée plus vite.
En 2017, les intérêts de la dette sont de 45 millions de livres annuelles et la valeur du club est estimée à 2 milliards de livres.

Dans le pire des cas, en revendant Manchester United maintenant et en ayant payé 275 millions de livres au départ, la famille Glazer empocherait environ 1.4 milliard de livres.
Pas mal...

La fin du dossier

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