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Le « Projet Manchester United » de Vincent Labrune, ou le pouvoir du L.B.O

OMFORUM DÉCRYPTE | Dans les coulisses de l'OM, les intrigues ressemblent à celles de la série House of Cards. Voici pour vous un dossier en trois actes qui dévoile le jeu des acteurs et les atouts qu'ils peuvent abattre.


Première partie : Prélude à l'avenir d'un club : les ambitions de Labrune

Deuxième partie : Après le Bayern du sud et le projet Dortmund : le projet Manchester United

Troisième partie : À nos risques et périls


Partie 1 sur 3 | Prélude à l'avenir d'un club : les ambitions de Labrune

Depuis quelque temps, de nombreuses rumeurs circulent sur une possible vente du club par Margarita Louis-Dreyfus. L'une d'entre elles concerne le rachat du club par Vincent Labrune lui-même. Celui-ci serait en train de faire le tour des banques et des possibles investisseurs pour trouver le financement nécessaire. Selon nos informations, cette rumeur est à prendre au sérieux et Vincent Labrune aurait l'accord de MLD pour dévaluer fortement la valeur du club.

On peut se demander comment Vincent Labrune, bien que sûrement à l'aise financièrement, peut racheter le club et quel serait l'intérêt pour lui. Comme souvent la solution la plus simple est la meilleure : il est possible de faire de très bons bénéfices avec cette opération. Et ceci en utilisant la méthode du Leveraged Buy-Out (LBO).

Voici un scénario possible de l'avenir de l'Olympique de Marseille.

Qu'est ce qu'un Leveraged Buy-Out (L.B.O) ?

En français, on parle d'Achat à Effet de Levier (AEL). C'est une technique financière de rachat d'entreprise en ayant recours à un fort endettement bancaire. Cela permet de racheter une entreprise en dépensant un minimum d'argent.
Les achats par effet de levier sont bien connus dans l'investissement dans l'immobilier locatif, où l'achat du bien est financé en grande partie par le loyer d'un locataire. Permettant ainsi à quelqu'un qui n'a pas d'épargne de pouvoir acheter un bien immobilier.

Pour une entreprise, le principe est le même. L'acheteur commence par créer (ou utilise) une holding qui va acquérir la majorité ou la totalité du capital de l'entreprise ciblée. Pour ceci, elle va faire appel à un emprunt bancaire. Le remboursement de cet emprunt va être fait grâce aux bénéfices de l'entreprise ciblée. Comme dans le cas d'un investissement dans l'immobilier locatif, ce sont les ressources de la cible (le loyer du locataire, les bénéfices de l'entreprise) qui vont financer l'acquisition du nouveau propriétaire. Ainsi, celui-ci peut acquérir un bien d'une grande valeur sans en avoir les ressources au départ.

Pour que cet effet de levier marche, il faut tout d'abord que l'entreprise ciblée soit rentable ou potentiellement rentable puisque celle-ci devra rembourser l'emprunt. Il y a deux avantages économiques pour celle-ci. Premièrement, elle peut bénéficier d'une partie de cet emprunt comme d'un investissement. Deuxièmement, les intérêts de l'emprunt qu'elle rembourse sont déductibles fiscalement. Tous ces avantages, ainsi que la nécessité d'avoir un vrai plan de développement, entraînent souvent une forte croissance de l'entreprise.
Les LBO sont souvent réalisés par l'équipe dirigeante en place, dans ce cas-là, nous parlons de Leveraged Management Buy-Out (LMBO).

Généralement au bout de quelques années, la société ainsi achetée est revendue, ce qui génère ainsi des plus-values pour les actionnaires.
Les LBO peuvent être un vrai risque pour l'entreprise rachetée. Car c'est elle qui doit payer l'emprunt avec ses bénéfices. Et comme tout emprunt doit être remboursé, elle peut faire face de fortes difficultés.

Beaucoup d'indices rendent la solution LBO possible pour l'OM :

  • le statut de Société Anonyme du club et l'existence de la holding Eric Soccer sont particulièrement adaptés à un LBO ;
  • le LBO est souvent utilisé pour les transmissions de PME familiales à l'équipe dirigeante en place lors de problèmes de succession ;
  • un audit financier est en cours. Ça peut être le signe qu'une évaluation de la faisabilité de l'opération est en cours à destination des futurs partenaires financiers et des banques prêteuses ;
  • les cibles idéales des LBO sont des entreprises manipulant beaucoup d'argent et faisant au minimum plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires.

Quel est l'intérêt pour Margarita Louis-Dreyfus ?

margarita

On connaît l'intérêt pour Vincent Labrune, celui de réaliser de confortables bénéfices en cas de succès et d'avoir les mains libres pour gérer l'OM, mais on ne connaît pas les intérêts de MLD dans l'histoire. Pourtant, on sait que MLD a donné son accord à l'opération. Plusieurs cas de figure sont possibles :

Le premier serait qu'elle vende entièrement le club à la future holding de Labrune et ses investisseurs. Dans ce cas-là, pourquoi laisserait-elle dévaluer son actif avant de le vendre ? À part pour pouvoir s'en séparer en le laissant à un homme de confiance, surement selon les vœux de Robert Louis-Dreyfus. Comme dit ci-dessus, les LBO sont souvent utilisés dans des entreprises familiales en cas de problème de succession pour vendre celles-ci à l'équipe dirigeante en place. Les LBO sont aussi souvent utilisés dans les très grands groupes pour vendre des filiales non-stratégiques et ainsi recentrer leurs activités. On appelle cela un spin-off. L'Olympique de Marseille rentre clairement dans ce cas-là pour MLD. Dans tous les cas, si MLD décide de vendre entièrement l'OM à Vincent Labrune, c'est qu'on peut supposer qu'elle n'a pas trouvé d'acquéreur sérieux acceptant de mettre plus et qu'elle veut vendre cet été.

Le deuxième cas de figure serait qu'elle ne vende qu'en partie l'Olympique de Marseille dans ce cadre-là. Cette solution a du sens. Ça permettrait de se dégager en partie de l'OM, d'encaisser de l'argent maintenant pour finir de se rembourser et de bénéficier des effets de levier de prêt et fiscaux. Plus tard, l'OM peut être entièrement revendu avec bénéfice et elle toucherait sa part en plus à ce moment-là.

Fait amusant, le cas où la reprise par LBO se fait par une équipe dirigeante mixte Labrune et des personnes extérieures a un terme technique spécifique. Et dans ce cas-là, on pourra dire que Labrune s'est fait une BIMBO.

En résumé, on peut supposer que Margarita Louis-Dreyfus veut vendre le club cet été et qu'elle n'a trouvé personne de sérieux. Vincent Labrune lui propose de lui racheter l'OM grâce à un LBO. Pour qu'il puisse convaincre les investisseurs, elle accepte de dévaluer le club afin que l'opération ait le plus de chance de réussir. Elle peut garder des parts et plus tard au moment de la sortie du LBO en revendant l'OM à un autre repreneur, encaisser sa part restante plus les bénéfices. L'opération pour elle serait alors la meilleure possible parmi ses choix.

Demain, retrouvez la suite du dossier

2 comments

  1. jf2b 6 avril, 2016 at 17:11 Répondre

    Article intéressant et analyse que je trouve pertinente.
    Où on comprend mieux que l’OM est avant tout une entreprise et une machine à fric
    Avec pour acteurs principaux, MLD, VLB et les banques, dans les seconds rôles, Igor, Michel, Passi et quelques autres. Et les figurants sont ?… Je vous laisse deviner…Rires.
    De la fiction à la réalité, et inversement.

  2. vlad78 6 avril, 2016 at 14:03 Répondre

    Et là Labrune serait le plus gros enculé de l’histoire de l’OM qui remonte à 1899.

    Ce serait une bonne raison de devenir supporter à plein temps de Consolat jusqu’à ce que le montage soit enfin revendu à un autre repreneur. (ou pas vu la compétence sportive affichée jusqu’ici par Vincent Labrune)

    vlad

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