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Troisième partie : Le « Projet Manchester United » de Vincent Labrune, ou le pouvoir du L.B.O

OMFORUM DÉCRYPTE | Dans les coulisses de l'OM, les intrigues ressemblent à celles de la série House of Cards. Voici pour vous un dossier en trois actes qui dévoile le jeu des acteurs et les atouts qu'ils peuvent abattre.


Première partie : Prélude à l'avenir d'un club : les ambitions de Labrune

Deuxième partie : Après le Bayern du sud et le projet Dortmund : le projet Manchester United

Troisième partie : À nos risques et périls


Partie 3 sur 3 | À nos risques et périls

velodrome

Le risque financier

Le succès d'un LBO repose surtout sur deux points. Le premier est la capacité de l'entreprise rachetée à dégager de forts bénéfices. Si le montage financier n'est pas adapté, le poids de la dette peut être trop important et capter trop de chiffre d'affaires. Si sur une saison, l'Olympique de Marseille se retrouve sans argent à investir, il peut se mettre gravement en danger sur la saison à venir et ainsi conduire à l'échec du LBO.

Cela signifie obligatoirement la faillite pour la société achetée. La liquidation judiciaire qui suit sert en premier lieu à rembourser l'état et les salariés de l'entreprise puis les préteurs.
Si le club survit à la liquidation alors il repartirait des divisions amateurs.

Pour un club de foot, et a fortiori en Ligue 1, c'est un risque énorme quand on sait que de base un club français est rarement bénéficiaire. Là, on devrait l'être suffisamment chaque saison pour rembourser la dette et investir dans la saison suivante.

Le risque managérial

Le deuxième point sur lequel repose le succès d'un LBO est l'équipe de management mise en place. Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit de Vincent Labrune.

Il va finir sa cinquième saison en tant que président et son bilan est, au mieux, pitoyable, au pire, catastrophique.
Pour sa première saison, par son manque de courage et son absence, il va laisser s'installer une guerre froide entre le directeur sportif José Anigo et l'entraîneur Didier Deschamps. Cette situation va amener certains joueurs à prendre fait et cause pour Anigo et à lâcher volontairement des matchs, ce qui amena la pire série de défaites dans l'histoire de l'Olympique de Marseille. Là où un vrai dirigeant interviendrait assez vite pour rétablir l'autorité et le calme dans la maison olympienne, Vincent Labrune laissa partir Didier Deschamps à la fin de la saison et garda José Anigo. Bien que dans tous les cas Deschamps serait parti prendre les rênes de la sélection nationale, Labrune aurait pu montrer un peu plus de courage et de vision en ne laissant pas un incompétent notoire torpiller la saison de l'OM.

Image

Lors de sa deuxième saison, son choix d'Élie Baup fut le bon, malgré une saison sans saveur et sans éclat celui-ci mena l'OM à la deuxième place, ce qu'on pouvait espérer de mieux en championnat. Toutefois, lors de la troisième saison, Labrune mit en place son plan Dortmund en recrutant une équipe jeune pour pouvoir les former et les revendre plus cher plus tard. Mais en gardant un entraîneur non adapté à la situation, Labrune conduisit le club à une nouvelle crise. Anigo, un incompétent notoire rappelons-le, finissant la saison sur le banc dans une ambiance délétère. Les choix qu'il fit cette saison sont à son image : toujours en décalage, la mauvaise équipe avec le mauvais entraîneur. Labrune qui n'a aucune compétence footballistique s'entêta à s'occuper du sportif.

En signant Marcelo Bielsa comme entraîneur celui-ci fit un grand coup. Mais, encore une fois, il voulut faire le recrutement, en n'écoutant pas les désirs de l'entraîneur. Il construit une équipe, certes talentueuse, mais bancale. Son choix de vendre Lucas Mendes et d'acheter Doria en fin de mercato est symptomatique de son manque de vision footballistique. Au final, cette saison-là, de par la gestion sportive de Labrune, l'OM est passé à côté de quelque chose de bien plus grand qu'une quatrième place et des éliminations au premier tour des coupes nationales.
Quand, enfin, il décida de commencer à recruter les joueurs désirés par l'entraîneur, Marcelo Bielsa quitta subitement le club.

À ce moment-là, Vincent Labrune, dans sa grande tradition de mauvaises décisions, engagea un coach reconnu comme narcissique et n'ayant réussi que dans des conditions lui étant extrêmement favorables. Labrune finit le mercato dans un grand n'importe quoi (coucou Lamela) et en construisant une équipe bâtarde. Au moment de l'écriture de ce dossier, l'Olympique de Marseille est douzième, à six points de la relégation. Et depuis la dernière victoire à domicile, nous avons changé d'heure deux fois.

Son bilan est clairement catastrophique et il en est pleinement responsable. Comment, en ayant montré de telles incompétences, Vincent Labrune peut-il croire que son LBO peut réussir ?

Le risque humain

L'homme semble aussi être à l'image de son bilan. Nous ne parlons plus de compétences sportives ou de prise de décisions, mais de qualités humaines. Tout de sa présidence et de son action au conseil de président et comme conseiller proche de la famille Louis-Dreyfus, nous laisse une image très négative de l'homme.

Il prit la présidence de la holding Éric Soccer et celle du conseil de surveillance en 2008. Ses coups d'éclat à ce poste furent les départs de Pape Diouf et de Jean-Claude Dassier. Quel que soit le bien ou le mal fondé de ces décisions, ce sont les manières qui interpellent. Elles sont celles d'une personne manipulatrice et intrigante.

Il prit la présidence après le limogeage de Dassier et son absence lors du conflit Deschamps-Anigo montra un manque de courage et de compétences managériales. Par la suite il s'imposa en tant que président tout-puissant voulant tout gérer, du recrutement des joueurs à la négociation des contrats avec les sponsors. Il est régulièrement décrit par des personnes travaillant avec lui comme limite despotique et il n'hésite pas à blacklister toute personne n'allant pas en son sens. Il n'hésite pas non plus à copiner avec les joueurs, torpillant par la même occasion toute autorité de son entraîneur. Tout ceci montre qu'il n'a aussi aucune compétence de dirigeant.

Bien qu'il montre une certaine habileté à manipuler les médias à son avantage, sa communication frontale est toujours désastreuse. Chaque début de saison, il invente un nouveau programme à vendre aux supporteurs, tel un homme politique marseillais tractant sur les marchés. Outre le fait de ne jamais assumer ses décisions, celui-ci trouve toujours des excuses pitoyables à ses échecs : "ce n'est pas ma faute", "ce sont de faux supporteurs", "ils sont manipulés", "on n'a pas d'argent", "c'est un complot", "mais puisqu'on n'a pas d'argent que je vous dis", "c'est la faute à la pluie", "aux aliens", "aux reptiliens", etc.

Vincent Labrune montrant du doigt les coupables de ses erreurs.

Vincent Labrune montrant du doigt les coupables de ses erreurs.

Quel que soit l'avenir de l'Olympique de Marseille, comment un tel homme pourrait le mener à la victoire?

L'eau dort

Leveraged Buy-Out, emprunt bancaire, fiscalisation, intérêt, défiscalisation, rentabilité... Mais merde, où est le football dans tout ça ?

Encore une fois, nous voyons des financiers s'emparer de notre passion du ballon rond. Le supporteur est laissé de côté. Celui-ci n'est qu'une variable qui décidera de la rentabilité d'une opération financière. Le jeu, le sport et la compétition ne font plus partie des objectifs. Gagner un trophée ne compte que par la prime gagnée. Construire une équipe à court terme et un club à long terme ne sont plus intéressants, seul prévaudra la plus-value sur les transferts.

En se focalisant ainsi sur son plan de dévaluation du club, Vincent Labrune en a oublié le présent et créé une situation sportive très tendue. Les supporteurs de l'OM en ont marre de se faire régulièrement humilier sur les terrains de France et sont prêts à exploser.
Son image est déjà négative, pas grand monde n'aurait envie de voir celui-ci devenir le nouveau propriétaire de l'OM avec un emprunt énorme à rembourser.
De par son ambition, Labrune risque la faillite du club.

À nos risques et périls.

1 comment

  1. Latche 10 avril, 2016 at 19:10 Répondre

    Certes Labrune a commis une brochette d’erreurs mais il est surprenant que la responsabilité de celle qui l’a installé à son poste de président ne soit pas pointées du doigt !
    MLD en le laissant à la tête du club et de part sa vision court termiste est la première responsable de la situation actuelle.

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