LIVRES OM | Jean-Claude Dassier - Connivences - "Deschamps voulait de nouveau gagner la LDC avec l'OM"

LIVRES OM | Jean-Claude Dassier est un des présidents les plus titrés de l'histoire de l'OM, et pourtant nombreux sont ceux qui se gaussent de lui. Rapide compte-rendu de son témoignage, Connivences.

Soyons francs. J'ai acheté ce bouquin d'occasion 3 euros 99 sur Amazon, alléché par la possibilité d'en apprendre plus sur cet intrigant bonhomme, et surtout sur sa présidence à l'OM. Et pour être sincère ? Je trouve que j'ai payé plutôt cher pour ce que j'ai eu à lire.

188 pages écrit gros, avec une interligne double et de très grosses marges, voilà pour la quantité. Pour la qualité, c'est une série de descriptions moyennement pertinentes et une tentative désespérée de montrer deux choses : son apport dans les médias et à l'OM a été très injustement dévalorisé et il est l'ami des puissants, voire des très puissants.

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Dassier l'ami des puissants, prié d'être président 

C'est d'ailleurs le but de ce premier chapitre, qui sous prétexte d'introduire son arrivée à l'OM, lui permet de placer en deux pages son amitié avec Gaudin, Muselier et surtout Sarkozy (alors président bling bling de la FRANCE), le bon Sarkozy qui a demandé à Squarcini de le briefer. Ah oui, Dassier glisse également avoir été un des passagers du jet privé de Tapie, à sa grande époque et met en valeur ses très bonnes relations avec Guerini.

On peut en passant se poser quelques questions sur l'efficacité du brief de Squarcini "ayant pris soin de me préparer le terrain et m'a mis en garde sur les fautes à ne pas commettre" vu les éléments qui fuitent, notamment dans le Canard Enchaîné, sur la procédure judiciaire en cours à l'OM.

Dassier revient ensuite sur son arrivée au club, sur le brief que lui fait Acariès, qui le convainc de l'importance d'Anigo (et du fait qu'il n'est pas assez payé vu ce qu'il apporte au club !!), de l'accueil de Cazadamont et de son chauffeur personnel. Il parle de sa première très bonne impression des salariés du club et notamment du sous-utilisé Antoine Veyrat (!!) et de sa première ennemie à l'OM, la très Dioufiste Nathalie Paoli, directrice des communications du club.

Le chapitre suivant traite de ses états d'âme avant d'accepter la proposition de RLD et surtout de Labrune. 90 000 euros par mois pendant 3 ans, l'offre est séduisante (avec en plus quelques à côtés évidemment), mais le bougre hésite, tant la réputation de l'OM est sulfureuse. Il revient aussi sur l'offre que lui avait fait RLD en 2008 de prendre la présidence du Conseil de surveillance du club, et qu'il avait déclinée. Donc Dassier hésite, et se retrouve tout de même coincé dans une rencontre avec Deschamps, Labrune et Bernès, pour rassurer DD, qui menaçait de claquer la porte. Et c'est là que, même pas nommé président, Dassier fait sa première boulette en proposant à Bernès de rejoindre le club. Cataclysme avec appels d'Anigo, de Tapie, qui prennent bien soin de lui faire comprendre le scandale que cela représenterait.

Petit intermède, pour Dassier, Diouf avait pris la décision de se débarrasser de Gerets depuis plusieurs mois et souhaitait placer Deschamps à sa place, il faisait donc traîner sciemment les négociations pour la prolongation de contrat de Gerets, contre la volonté de RLD et Labrune et c'est ce qui aurait provoqué le limogement de Diouf.

Deux saisons sous le signe de l'incompréhension 

Après un long bilan de ses années dans les médias, Dassier parle de sa première rencontre avec Labrune, qui l'avait convaincu "de ne pas en faire des tonnes" sur RLD avec le procès des comptes de l'OM, sur LCI. Il évoque ensuite sa deuxième grosse boulette, qu'il impute à Nathalie Paoli, Pacull et Muratelle sur sa volonté de ne pas être un président à l'africaine ou à la libanaise. Après une description ahurissante de candeur du transfert de Lucho (vite fait, prix déjà fixé avec quelques avantages négociés par l'OM). quand on connaît ce qu'il y a derrière, Dassier traite de ses défis, assurer la cohabitation DD/Bernès-Anigo, écarter Acariès, donner à DD les joueurs qu'il veut pour être champion.

Dassier raconte ensuite la soirée du titre où Vincent Labrune se serait fendu d'un discours cinglant, l'alcool aidant. Il est décrit comme aigri de ne pas avoir été le président champion de France, manipulateur et prétendant avoir agi en sous-main auprès de la LFP et Canal plus pour défendre les intérêts du club, ce qui a permis à l'OM de devenir champion.

Deschamps et Labrune, les coupables d'une chute 

La négociation pour la prolongation de Deschamps est candidement racontée : Bernès reproche de ne pas avoir signé Briand puis exige d'aligner Deschamps sur Puel, soit 250 000 euros par mois. Dassier vérifie le salaire puis lui donne ce qu'il demande, sans négocier. Il revient ensuite sur le transfert de Niang "8 millions d'euros pour un trentenaire turbulent, je ne connais pas un président de club qui aurait agi différemment", sur le départ de Ben Arfa, sur le rêve de Deschamps de faire revenir Drogba à l'OM, puis Adebayor puis Luis Fabiano "nous avons fait semblant en allant deux fois à Séville" et enfin sur les brillantes négociations des cas Gignac et Rémy.

Dassier continue ensuite à charger Labrune, qui aurait accusé Aulas de corruption suite à une défaite à Lyon, puis qui était fou de rage suite à l'élimination à Manchester, en 8èmes de finale de LDC qualifiée de faute professionnelle, Deschamps qui voulait de nouveau gagner la LDC avec l'OM et qui qualifiait la formation de gaspillage de temps et d'argent...

La conclusion de son aventure est donc logiquement liée à Labrune, qui n'aura eu de cesse de lui scier la branche, de Deschamps qui aura eu sa tête, via Bernès. Le bilan financier ? Rien n'est de la faute de Dassier, au contraire, il a essayé d'amener de la rigueur au club et c'est pourquoi Labrune et Deschamps ont obtenu son renvoi. Les 5 dernières pages du bouquin sont largement consacrées à sa frustration de ne pas avoir obtenu une confortable indemnité de licenciement, comme Diouf et même Veyrat, l'excellent Antoine Veyrat.

6 commentaires

  1. tony accardo 7 juillet, 2016 at 19:48 Répondre

    C’est amusant ça, je voulais l’acheter, puis n’aimant pas Dassier et ce qu’il représente, je l’ai pas fait !

    Merci pour ce résumé, passionnant car bien écrit, Dassier s’est fait sa petite propagande, ce sale gougniafié, j’ai bien fait de ne pas prendre ce livre que je savais pertinemment nul a chier !

    Y a que sur Labrune que je rejoints Dassier, mais je dois pas être seul !

  2. PytheasBm 25 juin, 2016 at 19:19 Répondre

    j’aurais du suivre tes conseils, urba.
    j’ai acheté le livre ( 35 cts ), il est arrivé dans ma boite aux lettres à midi, je viens de le finir.
    et entre midi et maintenant, il faut décompter le déjeuner, la sieste, le match suisse-pologne et l’arrosage de mes tomates.
    alors pour ceux qui sont intéressés, gardez vos 35 centimes et lisez le résumé d’urba.
    il n’y a rien de plus dans ce livre.

  3. Nikho 11 juin, 2016 at 13:23 Répondre

    Ha oui ça balance! Enfin à se place je me ferais discret…
    On fait un bilan financier de votre présidence M Dassier?

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