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UNITED STATS | NÎMES-OM, LES AILES DE L'ENFER

Après des débuts satisfaisants, l'OM revient de Nîmes avec une défaite amplement méritée. Etat d'esprit défaillant, préparation physique loin d'être idéale pour un match d'une telle intensité à la mi-août... pour plusieurs raisons, les Olympiens se sont fait rentrer dedans par des Nîmois qui se dépensaient sans compter. Voyons ce que les stats peuvent nous apprendre sur cette rencontre.

Afin d'éviter de répéter le lexique dans chaque article (et pour faciliter ses mises à jour), vous le trouverez désormais sur une page séparée.

Le Match

Au niveau des Expected Goals, on constate le sursaut de début de deuxième période et le but du 2-1 qui détruit le moral de l'équipe. Le "réalisme" de Nîmes (Buts/xG) correspond bien à la physionomie des buts (exploit individuel / oubli de Sakai sur le premier).

Puisqu'on est déterminés á garder un oeil sur la valeur de PPDA (voir lexique) au cours de la saison, ce match nous donne l'occasion de discuter un peu de la limite de cette statistique. En effet, elle a été établie comme un indicateur du pressing, mais sa très basse valeur lors de cette rencontre (4.65) n'est pas le signe d'un pressing olympien tout-terrain.

Il faut plutôt y voir la conséquence du jeu très risqué des Nîmois et  des changements de possession permanents dûs aux pertes de balle. En effet, le Nîmes Olympique ne termine le match qu'avec 178 passes complétées. C'est 1/3 de moins que le Toulouse venu perdre au Vélodrome lors de la première journée, par exemple.

La Passmap dynamique (via @11tegen11)

Une faillite des ailes...

Les problèmes olympiens viennent d'une faillite des ailes, symbolisée en particulier par deux joueurs:

  • Ocampos, au rendement anémique surtout en regard de son activité habituelle. Isolé et incapable de faire la différence, il a aussi cruellement manqué d'impact défensif.
  • Sakai, beaucoup moins décisif défensivement (seulement 2 tacles réussis) et qui a pris l'eau sur son côté droit

... qui désorganise le milieu

Le premier joueur à réagir aux difficultés défensives côté droit est Morgan Sanson, qui se décale pour tenter de colmater les brèches qu'il constate. Il passe le plus clair de la rencontre milieu droit, comme on peut le voir sur la répartition de ses interventions défensives :

Ceci est un mal nécessaire, mais a pour conséquence de forcer Gustavo à s'ancrer plein axe, proche de Caleta-Car, pour tenter de préserver un vague équilibre géométrique - s'il reste sur la gauche l'équipe se retrouve coupée en deux verticalement et un boulevard s'ouvre dans l'axe pour Nîmes, zone où ils étaient déjà particulièrement présents.

On s'est demandé si le placement de Gustavo avait une raison physique, ou s'il voulait rester proche de Caleta-Car pour éviter d'exposer celui-ci mais il semblerait qu'il s'agisse d'un choix purement tactique suite au mouvement de Sanson - pas étonnant sachant que le Brésilien est souvent celui qui comprend le mieux l'évolution du match et agit en conséquence.

Une gauche désertée

Payet n'a d'autre choix que de suivre la tendance s'il veut être impliqué dans le jeu, et se décale lui aussi vers la droite. Ajoutés à la performance d'Ocampos, tout ceci délaisse complètement le côté gauche (peut-être au point de dédouaner partiellement Amavi par rapport à ce qui semblait être une mauvaise performance).

Le moment où Jordan Amavi regretta de ne pas avoir amené un bouquin.

Des pertes de balle fatales

Là où l'OM avait effectué six renversements de jeu contre Toulouse, on n'en compte que deux. Incapables de varier leur approche ou de changer de rythme, les Marseillais échouent à remonter le ballon et à s'installer dans la moitié adverse. Même lorsque Thauvin parvient à attirer à lui trois joueurs adverses, aucune supériorité numérique efficace n'est visible.

A constater aussi le repli défensif de Germain, dans la lignée de ce qu'on avait aperçu contre Toulouse après l'ouverture du score. Mais ici, ce recul intervient malgré la physionomie du match, comme on le voit sur l'emplacement de ses duels aériens :

Face à une équipe qui met beaucoup d'impact dans un style très "Atletico Madrid" (toutes proportions gardées) et étant donné l'état physique de plusieurs joueurs-clés, l'OM avait besoin d'intelligence tactique et de justesse technique pour être capable d'avoir une réponse sur le terrain. Malheureusement, beaucoup de déchet technique et de pertes de balle associés au déséquilibre tactique évoqué plus haut ont rendu cela impossible. Voir les statistiques des pertes de balle consécutives à des tentatives de dribble :

Pour une représentation video des problèmes notés ci-dessus, on va une fois de plus faire appel à RomainPeli

Passmap de Nîmes

Honneur à un adversaire qui mérite sa victoire, quelques points à noter en ce qui concerne le Nîmes Olympique.

  • Densité axiale qui pose la question de ce que l'OM aurait pu faire en installant le 3-4-2-1 aperçu durant les matchs de préparation (surtout en introduisant Caleta-Car comme nouvel élément de la défense)
  • Impact de la sortie de Thauvin avec Nîmes qui insiste sur le côté droit olympien (déplacement de Ripart sur la gauche)
  • Beaucoup de prises de risque et de pertes de ballon, ce qui donne l'indicateur de PPDA pour l'OM qu'on a relevé plus haut.

L'activité en Zone 14

Des chiffres similaires à ceux de la première journée. L'orientation des passes en revanche est très différente, avec une recherche constante des ailes avec les résultats que l'on sait.

Origine des séquences de possession

On voit que l'OM est partie de son camp beaucoup plus souvent en l'absence de pressing haut. L'équipe se retrouve à devoir porter le ballon dans l'entrejeu adverse, chose rendue particulièrement difficile par l'impact physique nîmois.

Pour conclure

En conclusion, l'essentiel des problèmes vus pendant le match vient de faillites individuelles qui sont survenues au plus mauvais moment : des manques dans l'effectif (Zambo parti mais pas remplacé, Njie en instance de départ) ont fait que Rudi Garcia n'avait pas beaucoup d'options pour corriger ce qu'il voyait.

Le fait que Lucas Ocampos soit resté sur le terrain pendant 72 minutes trahit un peu cette impuissance en termes de gestion. On pourra toujours se demander si c'était le moment d'aligner le système alternatif à 3 centraux, ou si l'OM aurait dû garer le bus pour prendre un point en serrant les dents.

Au-delà de l'état d'esprit qui a fait défaut, on peut surtout espérer que si l'OM se retrouve dans une situation similaire lors d'une prochaine rencontre, elle aura des solutions pour renverser la tendance, que ce soit à l'aide d'ajustements tactiques ou d'une profondeur de banc améliorée.

Marv - Buk - Bene.

Sources utilisées : Whoscored.com, Understat.com, 11tegen11 et StatsZone.

3 comments

  1. globiboulga 28 août, 2018 at 14:57 Répondre

    La haine anti-Ocampos m’énerve. Peut-être que l’explication est aussi la tendance à chercher Thauvin le sauveur sur la droite malgré son rendement anémique lui aussi. Ou le fait que Germain n’offre aucune solution au centre – ce qu’il a fait sur son but face à Toulouse…

    M’enfin.

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