Sign in / Join

OM et Coupe de France: la fin d'une mauvaise série ? (2006-16)[5]

OMForum HISTOIRE | L'Olympique de Marseille entretient depuis presque 100 ans une belle histoire d'amour avec la coupe de France. Et comme dans toutes les histoires d'amour, il y a eu des bons moments (10 victoires) et presque autant de moins bons (finaliste à 8 reprises).

Plus besoin de l'aide d'un ouvrage, nous avons (presque) tous vécu ces finales, OMForum t'emmène faire une petite virée au cœur de ses souvenirs, toujours dans le noble but de faire perdurer la tradition de transmission de supporter en supporter pour que jamais ne s'éteigne la passion olympienne. Amen.


L'OM des Parisiens (1924-1927)

Le goût de la défaite (1934-1954)

Le retour des belles années (1969-1976)

La "décima" et c'est tout (1986-1991)

La fin d'une mauvaise série ? (2006-2016)

Bonus : l'histoire de l'OM en Coupe de France en 5 infographies


Nous voilà au bout de la glorieuse histoire. 15 longues années après sa dernière finale, l'OM a de nouveau rendez-vous avez sa belle pour dépasser le symbole de ce 10 tout rond. Tapie, Papin et Waddle ne sont plus que des souvenirs. L'OM de ce début des années 2000 ne fait plus rêver (sauf en 2004, grâce à Drogba et un formidable parcours en Coupe UEFA) mais la Coupe et les dribbles de Ribéry, la grinta de Cana ou les buts de Niang parviennent à créer de l'enthousiasme autour de cette équipe.

2006 : un déménagement raté

L'OM entre en compétition au stade des 32e de finale. Le Havre (4-0), Metz (2-0) et Sochaux (2-0) sont facilement éliminés. En quart, L'OM ira à Lyon, futur champion de France. Match au sommet à Gerland et duel de gardiens, entre Bartez, indéboulonnable numéro 1 et Coupet, l'éternel second. Pour l'occasion, l'OM a revêtu son affreux maillot bicolore bleu-moutarde aux allures clownesques. Cela n'empêche pas Maoulida d'ouvrir le score, suite à une chandelle anodine de Beye, presque seul dans la surface, le filou contrôle astucieusement la balle de la semelle droite et trompe Coupet d'un tir précis du gauche. L'enchaînement est parfait, 1-0 pour l'OM (16e). Fred ne laisse pas le temps aux Marseillais de cogiter et égalise d'un but un poil chanceux à la 22e. Mais à la 65e, les jambes de feu de Ribéry font la différence. Il adresse un très long centre à mi-hauteur que Réveillère ne parvient pas à intercepter, Mamadou Niang, l'homme qui a fait de l'OL son jouet, est à la réception. L'international sénégalais se resitue plus vite que tout le monde et trompe Coupet, déjà accroupi pour récupérer la balle, d'un extérieur du droit peu académique mais terriblement efficace (2-1). L'OM est en demi !

Les commentaires de Thierry Gillardi <3

En demi, c'est Rennes (alors dans une série de 10 victoires toutes compétitions confondues) qui viendra se frotter à l'OM, au Vélodrome. Et autant le dire tout de suite, on n'a pas tremblé une seule fois. Il faut dire que Ribéry avait fait 50% du travail en inscrivant, à lui tout seul, le premier but dès la première minute de jeu, après avoir contré puis dribblé un défenseur breton, d'un subtil piqué en déséquilibre. Histoire de bien chauffer les supporters et de faire le plein de confiance, Taiwo doublait la mise d'une frappe lourde sur coup-franc (2-0, 19e), Ribéry offrait un festival de gestes techniques dont une roulette de l'extérieur, et Niang pliait le match dès la 45e (3-0).

Quel match de Ribéry.

L'OM affronte le PSG en finale, dans un stade inconnu et très tôt dans la saison (29 avril) à cause du mondial. Nombreux sont les supporters marseillais à se déplacer (79 780 spectateurs seront présents, record d'affluence de l'époque, battu en 2010). Parmi eux, Champoul :

Je me souviens bien de l'ambiance qui régnait avant la finale de 2006. C'était la première fois que nous montions au stade de France, dès la sortie du stade après la demi-finale contre Rennes, tout le monde discutait déjà déplacement, c'était l'euphorie générale. Après une saison assez difficile, l'équipe jouait mieux, et on avait franchement l'impression que le plus dur était fait. Il ne nous restait plus qu'à battre un PSG moyennasse pour ne pas dire dégueulasse. Très sincèrement, je pense que dans toutes les têtes marseillaises, on avait déjà gagné.

Le jour de la finale, dans le quartier d'affaire dans lequel sont parqués les quelques dizaines de milliers de marseillais, l'ambiance est très bon enfant (malgré les rumeurs d'une grosse mobilisation parisienne côté rue), on revoit d'anciennes têtes qui avaient fuit le vélodrome, ça boit, ça rigole, bref, "les marseillais au pays de candy" et "il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant".

Le match nous prouve rapidement le contraire, effet douche froide comme jamais. Je me rappelle parfaitement de ce sentiment mélangeant l'injustice et l'incompréhension. La tribune entière est médusée, l'ambiance ne sera pas au rendez vous, et les quelques grosses poussées d'avant match mettant à l'amende les parisiens seront les seuls motifs de satisfaction de la soirée.

Et Lino :

Je fais le déplacement de Marseille avec le SW et une petite équipe OMForum. A l'aller dans le TGV l'ambiance est extraordinaire, ça chante, ça rigole et ça meurt d'envie de retourner le Stade de France.
On arrive à la gare, gros convoi marseillais déchainé, aucune violence simplement des chants qui ne s'arrêtent pas. L'équipe OMForum, majoritairement cartée chez le SW est vêtue d'un t-shirt orange comme des centaines d'autres personnes. Le transfert vers le stade se fait en métro (ou RER) toujours dans la folie.

Arrivés au Stade de France, nous sommes parqués à l'écart de toute personne extérieure, mais au bout de quelques heures, l'envie de rejoindre le stade se fait de plus en plus pressante. Nous arrivons à trouver une faille pour sortir de "l'enclos" afin d'acheter de quoi boire. Quelques minutes plus tard, les grilles s'ouvrent et nous nous dirigeons vers le stade. Certains décident de traverser le périphérique à pieds, les voitures sont à l'arrêt, nous le traversons tous dans une ambiance indescriptible. Au loin, quelques membres de Boulogne veulent en découdre, les CRS veillent.

L'entrée dans le stade se fait dans le calme, nous voyons en face de nous le tifo prêt des parisiens qui s'annoncent très beau. Le notre l'est aussi, l'ambiance est incroyable, les chants de s'arrêtent pas.

Sur le terrain, nous savons tous ce qui se passe.

Fin du match, la déception est immense, certains pleurent, certains, plus jeunes, n'ont jamais vu l'OM gagner un titre. Certains membres d'OMForum pleurent, la plupart sont figés, le regard dans le vide lorsque les parisiens soulèvent la Coupe. C'en est trop, nous quittons le stade dans le calme, le froid.

Le retour en TGV est aux antipodes de l'aller, il n'y a pas un bruit, personne ne parle. La tristesse est pesante. Le père d'un des membres d'OMForum, qui avait mis le feu à l'aller est silencieux et triste. Aujourd'hui, il nous a quitté et j'ai une pensée pour ce personnage haut en couleur.

Pour moi ce fut, comme pour beaucoup, une tristesse immense et ça a été un facteur décisif dans mon choix de ne pas me rendre l'année suivante au Stade de France contre Sochaux...

Sur le terrain, les Parisiens jouent comme l'OM avait joué en demi contre Lyon : avec les couilles. Taiwo prend des risques inconsidérés dans la surface, perd la balle et Kalou décoche une frappe puissante à l'entrée de la surface. Barre rentrante (5e, 1-0). Dhorasso achève l'OM d'un tir lointain totalement improbable dès le retour de la mi-temps (48e, 2-0). Pour l'honneur, Maoulida réduit l'écart d'une belle frappe du droit à la 67e (2-1). Marseille échoue pour la septième fois en finale tandis que le PSG remporte sa septième Coupe. Sur mon canapé, je ressens pour la seconde fois de ma vie (la première étant la défaite de 2004 en Coupe de l'UEFA), la terrible tristesse procurée par une défaite en finale.

2007 : un scénario cruel

Finaliste malheureux, l'OM commence poussivement la Coupe face à des adversaires pourtant modestes, Cambrai (1-4 a.p.) et Le Mans (0-1 a.p.). L'année dernière l'OM avait éliminé Lyon en quart à Gerland. Cette année, l'OL, en route pour un sixième titre à la suite, se déplacera au Vélodrome pour un huitième. Les Marseillais sont menés 1-0 tout le match suite à un but de Cris et il faudra attendre la 87e pour que Pagis marque, en délicatesse de l'intérieur du tibia droit (87e, 1-0). Le Vélodrome est au bord de l'implosion, celle-ci va arriver à la 91e. Beye adresse un centre parfait pour Niang, le braconnier, qui achève la bête d'une tête décroisée à bout portant (2-1). Les poils.

4 février 2007 8e de finale CdF : OM - Lyon (2-1) par Masri93

Par la suite, Marseille atomisera Vannes 5-0 puis mangera tout cru les Canaris au Vélodrome (3-0). Lors de cette demi, Ribéry ouvre le score grâce à un des plus beaux buts de sa carrière sous le maillot marseillais (27e, 1-0). Face au but, il déclenche une frappe limpide des 30m qui termine dans la lucarne gauche d'un Bartez médusé.

Voilà l'OM en finale pour la deuxième fois d'affilée (comme en 1986/1987). Cette fois, le Stade de France parait un peu moins grand aux Marseillais. Les supporters olympiens sont nombreux (plus de 20 000 en virage Nord) et déploient un magnifique tifo face auquel le tifo-maillot de Sochaux parait bien ridicule.

Je viens de réaliser un rêve, utiliser mes propres photos pour un article. Après ça, je peux mourir en paix.

Ces derniers laissent vite éclater leur joie, cette fois c'est leur équipe qui marque rapidement (Cissé, 5e). Dagano égalise à la 66e ce qui a pour conséquence de mouiller un peu le slip des supporters. A raison puisque cette égalisation mène le match en prolongation. Cissé s'autorise un doublé -de la tête, d'ailleurs tous les buts du match ont été inscrit de la tête- en finale de Coupe (98e, 2-1) et rejoint Crut et Dawaquez au panthéon des double buteurs en finale de Coupe, ainsi que Papin et son triplé. Mais Le Tallec égalise à la 116e (2-2) ce qui a pour conséquence de rendre un peu chafouin le supporter. Je te passe le récit des tirs-au-but. Ribéry n'a pas assumé. Zubar s'est merdé. On a perdu. Mes potes et moi étions très tristes. Le retour fut silencieux. Et encore, à l'époque nous ne savions pas que l'OM mettrait neuf longues années pour se hisser à nouveau en finale. Kachoubie était des deux déplacements mais c'est la défaite face à Sochaux qui l'a le plus marqué, il se souvient :

Dès l'inauguration du Stade de France, nous nous étions dit avec mon père que nous irions voir une finale de l'OM. Malheureusement, il n'avait pas pu m'accompagner pour le match contre le PSG donc autant dire que le soir même où nous nous sommes qualifiés pour une seconde finale consécutive, le rendez-vous était déjà pris.

Nous avons constitué une petite équipe, le meilleur ami de mon père, mon meilleur pote et nous sommes partis avec le Scénic familial pour la capitale avec l'intime conviction de remporter la coupe. Pendant que les KM s'enchaînaient, l'ambiance montait dans la voiture ainsi que les rencontres improbables avec les connaissances de mon père sur les aires d'autoroute. Peu avant d'arriver à Saint-Denis, on attache les écharpes sur les rétro et on commence à doubler les cars marseillais et sochaliens à coups de klaxons.

Puis tout s'est enchaîné très vite et bien que je me souvienne du match, une seule chose me revient en tête pour cette finale. A quelques minutes de la fin de la prolongation, nous étions en train de chanter avec les écharpes tendues, jusqu'à ce moment où Sochaux égalise et je me revois en train de plonger ma tête dans mon écharpe. C'est dingue mais c'est mon souvenir le plus marquant de cette finale. Après... la séance de tirs-au-but, les blocages ridicules de Maoulida, la défaite. Et le très très long trajet de retour en pleine nuit.

Stilitano, lui, n'était pas au stade de France mais au Vélodrome, il nous livre ses souvenirs :

Je ne suis jamais allé au SdF pour des finales mais j'étais au Vélodrome pour la finale 2007 contre Sochaux, le match était projeté sur écran géant. Forcément, l'ambiance n'était pas extraordinaire mais c'était assez sympa et bon enfant. Autant contre le PSG, on a été rapidement mené (Taiwo...) donc on n'y a jamais vraiment cru pendant le match, autant contre Sochaux, on était devant pendant presque tout le match. A la mi-temps, on s'y voyait vraiment, on se disait que ça y était, on allait enfin gagner un titre...

Perdre aux tirs au but, putain, ça fait mal. Surtout qu'en face, ce n'était vraiment pas génial, ils avaient égalisé par Dagano puis par Le Tallec et leur meilleur joueur était Karim Ziani.
A la fin, on était désabusés, dépités et sur le chemin du retour, on n'avait même pas la force de prendre une bière. A titre personnel, c'était déjà ma 4e finale perdue et avec les places d'honneur en championnat, je commençais à me dire que j'étais maudit et que je n'allais jamais voir l'OM gagner quelque chose...

Finale de la coupe de France 2007 : FCSM - OM par CrvenaZvezda

2016 : pour le symbole ?

Rendez-vous demain pour la clé du match. Je me contente de te donner quelques liens et t'incite à aller voir le résumé de l'histoire de l'OM en Coupe de France en 5 infographies.

Le parcours de l'OM

Les enjeux du match

 

Accéder aux 5 infographies récapitulatives

3 comments

  1. vlad78 20 mai, 2016 at 16:20 Répondre

    Même si on n’a rien gagné, je me rappelle de l’OM des années Diouf, je compare avec celui de Labrune et j’ai envie de pleurer.

    vlad

Ton avis ici et sur le forum

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.