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UNITED STATS | DEFENSE A 3, OCAMPOS LATERAL, UN SYSTEME DE JEU QUI A DE L'AVENIR ?

UNITED STATS | L'OM a enfin renoué avec la victoire face à Dijon. Si beaucoup espéraient voir un retour au 4-2-3-1 qui réussit souvent aux Olympiens, Rudi Garcia a décidé de reconduire une défense à 3 testée à Rome. Retour sur une victoire un peu laborieuse, et une deuxième période frustrante.

Afin d'éviter de répéter le lexique dans chaque article (et pour faciliter ses mises à jour), vous le trouverez désormais sur une page séparée.

Expected Goals

Un total d'xG intéressant en raison de la valeur très élevée associée au but d'Ocampos ainsi qu'aux deux occasions ratées de Mitroglou. En première période, l'OM est donc parvenu à se procurer quelques situations dangereuses, mais la concrétisation est venue sur coups de pied arrêtés. Le graphe confirme évidemment l'attitude très différente de l'équipe olympienne après la pause.

La Passmap dynamique

Le retour de la défense à 3

L'OM s'organise dans un 3-4-1-2 (ou un 3-4-2-1 avec les décrochages de Mitroglou), avec un Maxime Lopez particulièrement à l'aise qui peut se concentrer sur son jeu de passes pour fluidifier l'animation. Strootman se retrouve à "graviter" autour de Lopez toujours pour se charger des interventions défensives, avec cependant un rendement inférieur aux matchs précédents.

Après une série de défaites et un bilan défensif décevant, priorité à la solidité derrière : Luiz Gustavo se positionne très bas et ne s'avance que très rarement pour adopter un rôle de 6. La construction offensive depuis le tiers défensif en pâtit, et l'OM se retrouve souvent dans un registre de possession sans pouvoir se projeter vers l'avant pour se retrouver en surnombre. Si l'on est destiné à revoir ce schéma, il serait intéressant de le faire lorsque l'équipe est un peu plus en confiance.

Autre garant de la solidité olympienne, Adil Rami qui termine le match avec des stats défensives assez impressionnantes en plus de son rôle décisif sur les deux buts.

Autre joueur qui mérite une mention, Hiroki Sakai. Dans un rôle de défenseur axial gauche, sur son mauvais pied, le Japonais n'a pas démérité. Il a su lancer Ocampos dans de bonnes conditions (9 passes) et assurer en jouant vers Gustavo quand il le fallait (10 passes). Si le côté gauche a retrouvé de l'allant sur ce match par rapport au déplacement à Rome, ce n'est pas seulement du fait d'Ocampos (voir plus loin) mais aussi grâce à Sakai.

La carte des passes dans les halfspaces confirme le manque d'impact de Strootman, ceci étant un registre dans lequel le Hollandais est normalement plutôt performant. On peut se demander si ce manque d'impact est lié au recul de l'équipe : si on suppose que la consigne de Strootman était de rester proche de Maxime Lopez et d'agir en "garde du corps", lorsque le bloc entier redescend le Hollandais se retrouve à devoir "suivre" Lopez et se retrouve dans l'incapacité d'avoir son impact habituel plus haut sur le terrain.

 

En pointillés, les passes non réussies. En jaune, la passe décisive de Rami. Le retourné acrobatique de Strootman est compté comme un tir et ne figure pas ici.

En deuxième période, on ne peut plus vraiment parler de défense à 3 mais bien de défense à 5 : le bloc équipe ne cesse de reculer, créant plusieurs situations dangereuses. Strootman ne reproduit pas le genre d'interventions qu'on l'a vu faire par le passé (récupérations hautes, impact gênant l'adversaire) et la défense de l'OM semble prendre un malin plaisir à s'exposer, mettant Gustavo en difficulté à plusieurs reprises. Le recul constant du bloc au fil du temps est évident sur la passmap dynamique. Reste à se demander si ce phénomène est un résultat direct de la sortie de Mitroglou (absence d'un point d'ancrage pour le bloc équipe) ou de consignes claires de la part de Rudi Garcia.

Payet retrouve l'axe

Dimitri Payet retrouve son influence dans l'axe, même si lui aussi finit par se reposer sur les phases arrêtées afin de créer des situations dangereuses : s'il retrouve un chiffre de passes clés plus digne de son statut avec un total de 6, on remarque que 4 d'entre elles proviennent de corners ou de coups-francs. On en revient à l'apport minimal de Lopez à l'approche de la zone de vérité, laissant à Payet le soin d'animer l'axe (aidé par les déplacements axiaux de Thauvin qui fut toutefois discret dans ce rôle inhabituel).

Un système idéal pour Ocampos

Si l'animation offensive dans le dernier tiers a laissé à désirer (en particulier face à un adversaire aussi modeste) et que le système semble avoir besoin d'être travaillé plus en profondeur, on a néanmoins pu voir des choses très positives. La plus évidente étant la performance de Lucas Ocampos dans ce schéma.

Son positionnement comme latéral à côté d'une défense à 3 aide l'Argentin principalement de deux manières :

  • En l'éloignant de la surface adverse, on lui enlève une forme de pression dans la création d'occasions et on lui permet de gérer son apport offensif plus librement ;
  • Excentré, les limites d'Ocampos en termes de vision du jeu sont beaucoup moins pénalisantes : il n'a pas à se demander si son latéral essaie de dédoubler ou si la meilleure solution de passe se trouve derrière lui.

De la même manière, ce 3-4-1-2 met Bouna Sarr dans d'excellentes conditions même si, dans son cas, la différence saute moins aux yeux tant il s'est montré performant par le passé sur le flanc droit d'une défense à 4.

Conclusion : quel avenir pour ce système ?

A la mi-Novembre, l'OM se retrouve donc avec une trêve internationale qui devrait lui permettre de travailler tactiquement malgré l'absence de plusieurs cadres. Le système mis en place à Rome et contre Dijon a permis de rassurer un effectif fébrile en mettant l'accent sur la construction (et concernant le dernier match, sur la solidité défensive) mais le bilan offensif montre que des améliorations sont nécessaires : les Olympiens marquent face à la Lazio suite à un cadeau adverse, et deux coups de pied arrêtés font la différence contre Dijon. Bien sûr, d'autres occasions ont été créées sans être concrétisées mais en l'état, la production offensive semble moins satisfaisante que celle du 4-2-3-1 "de référence".

Si le staff et l'effectif olympiens continuent à travailler ce système avec une défense à 3, il peut présenter une vraie alternative, pourvu que certains problèmes soient réglés tel que le positionnement et le rôle de Gustavo. D'ailleurs, même si la formation était différente à l'époque, on se posait déjà la question d'une vraie alternative à 3 derrière durant les matchs de préparation.

Ce dispositif a au moins plusieurs mérites essentiels : il replace Payet à son poste préférentiel, et paraît tirer le maximum de deux des joueurs les plus fiables de l'effectif avec Sarr et Ocampos.

 

Marv - Buk - Bene

Sources utilisées : Whoscored.com, Understat.com, 11tegen11 et StatsZone.

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