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OM-Montpellier : C'est soit l'enfer, soit le paradis

Quand on me parle d'OM - Montpellier, cela m'évoque tout un concept de matches un peu à part, de ceux que l'OM gagne à l'arrachée dans une rencontre sans queue ni tête aux autres où une équipe montpelliéraine sans prétentions vient taper un OM qui n'aura rien compris à sa vie ce jour-là.

Et pourtant, si je devais évoquer deux matches de but en blanc, ceux-ci ne rentreraient absolument dans aucune catégorie susnommée (allez quoi Nommée, fais pas ta pute vazy) ! Spoilert alert : une des deux équipes finit championne de France à l'issue de chacune des saisons concernées.

Commençons par un merveilleux souvenir de la plus belle saison olympienne de ces dix dernières années, en terme de succès. Au mois de Septembre d'une année où l'OM finira champion dix-sept ans après son dernier sacre, Marseille donne une leçon de football offensif à un Montpellier de tous les jours qui vient prendre 4-2 au Vélodrome. C'est un triangle Cheyrou-Lucho-Niang qui fait un malheur sur le rectangle vert ce soir-là, tout est carré dans le fonctionnement de cette machine parfaitement huilée qui prend un plaisir fou à "leur faire le rond", comme on dit. Lucho Gonzalez, qui vient de débarquer à Marseille pour un transfert record et avec une énorme hype autour de lui, fait étal de tout son talent ce jour-là. Après un début de match poussif de son équipe, il ouvre enfin le score suite à un caviar délivré par un Niang parfaitement lancé par Benoît Cheyrou. Il offrira ensuite le but du 3-0 à Edouard Cissé, d'une ouverture de génie dans la profondeur, sans contrôle.

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Mais avant cela, c'est Mamadou qui nous régale sur le deuxième pion en slalomant OKLM au milieu de trois défenseurs adverses pour battre Jourdren d'un tir croisé imparable. Sans maîtrise la puissance n'est rien, sauf que le capitaine Niang a tous les arguments sportifs pour sceller définitivement sa légende olympienne à l'issue cette saison. La puissance, c'est celle de Diawara que l'on contemple lorsqu'il vient s'élever plus haut que tout le monde pour mettre la tête sur un corner de Cheyrou pour le 4-0. Une démonstration, je suis aux anges, je touche les étoiles, je caresse l'éternité ... J'ai le bout tout rouge oui ! Que demander de plus ? Les deux buts montpelliérains ne seront qu'anecdotiques pour moi, qui ai vu ce jour-là l'OM flamboyant et impérial dans le jeu que je ne voyais que trop rarement. Merci les gars !

Mais comme tout ne va pas tout le temps pour le mieux dans le meilleur des mondes, il est parfois des OM-Montpellier qui inspirent le dégoût. Un peu comme une vision du grand penseur contemporain Louis Nicollin en compagnie d'un président de club survolant la L1, nus avec une serviette autour de la taille pour simple appareil car sortant de la cabine de sauna où ils aiment bien se rendre fréquemment. Loulou se fendant en sortant d'un délicieux "Si les cages de nos adversaires de dimanche sont aussi énormes que l'engin de démolition que je viens d'astiquer, je peux même rappeler le frère de Ronaldinho pour jouer en pointe".

Montpellier's president Louis Nicollin is seen before his French Ligue 1 soccer match against Le Mans at Leon Bolle stadium in Le Mans, western France April 10, 2010. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE - Tags: SPORT SOCCER)

Ca y est, vous visualisez bien ?

OK ! 11 Avril 2012, 30ème journée de Ligue 1 où un OM à la mer, qui dérive à la neuvième place du classement en n'a plus gagné depuis onze matches, reçoit Montpellier qui joue fièrement le titre cette saison et lutte au coude à coude avec le PSG de l'an 1 du nouveau calendrier qatarien. Clément Turpin au sifflet, comme un signe avant-coureur d'un match qui sent l'escroquerie. Tous les médias se sont interrogés durant la semaine pour savoir si l'OM allait saborder son match pour favoriser subtilement les copains sudistes, et surtout pour BIEN PÉTER LES ROULEAUX du PSG dans une saison officieusement déjà terminée pour les Phocéens. Un clin d'oeil au PSG-Bordeaux de 1998/1999, qui avait d'ailleurs permis l'éclosion d'un Pascal Feindouno qui aura raflé les distinctions personnelles tout au long d'une carrière phénoménale, preuve que rien n'était truqué à l'époque.

Sur le terrain, j'assiste à une séance SM d'un OM qui demande une grosse fessée car "la vilaine tordue que je suis" adore ça. C'est avec un fort sentiment d'humiliation que je vois mon équipe faire semblant de jouer, les adversaires obtenir et transformer un penalty dès la septième minute de jeu, M'Bia oublier un Giroud qui court trop vite pour lui pour récupérer un centre de Camara qui a pris le dessus sur le latéral Djimi Traoré. En fait, je me sens déjà un peu coupable en voyant notre composition de départ : Djimi "La Légende" Traoré, Alou Diarra, Charles Kaboré en milieu relayeur/créateur, Brandao ailier gauche, MAIS GÔCHE !

Pour la scène du facial tant attendue, c'est le jeune étalon Belhanda qui viendra coller le but de l'année d'un enchaînement contrôle poitrine-ciseau de l'entrée de la surface de réparation qui va se loger sous la barre de Mandanda. Ce qui déclenche des applaudissements ainsi que des "Paris, on t'encule, Paris, on t'encule !" dans les tribunes, laissant penser que cette première victoire au Vélodrome dans l'histoire du MHSC comble beaucoup de monde. Mais pas moi, même dans une saison de merde, j'espère malgré tout à chaque match une belle victoire pour espérer retrouver un semblant de fierté l'espace de quelques heures. Au moins, cette branlée arrangée n'aura pas été vaine, Montpellier obtenant le titre de champion avec trois points d'avance sur Paris, pile poil.

1 comment

  1. Pict'OM86 7 décembre, 2015 at 11:22 Répondre

    Merci Syd pour cette rétrospective qui nous rappelle de bons moments (et de moins bons également) :-). Superbe desciption sur le premier qui nous rappelle que certains coaches peuvent transcender des joueurs (et que certains ont fait plus que la saison de trop chez nous).

    Le match de 2012 s’apparentait à une farce pour le coup. C’est pas ce match où Djimi Traoré prend un bllon à deux mains avec expulsion et pénalty (celui que tu mentionnes)? Ou c’est Kaboré dans un tout autre match?

    Par contre à l’antépénultième paragraphe, il y a une coquille je pense: c’est 11 Avril 2012 il me semble et pas 11 Avril 2002.

    Et bravo pour les images employées. C’était évocateur et parlant 😉

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