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UNITED STATS | OM-MONACO, DE L'ACTIVITE MAIS PAS DE JEU

UNITED STATS | Après une pause, la rubrique fait son retour pour revenir sur le match nul de l'OM face à Monaco (1-1). Si l'entame de match a permis d'apercevoir le retour d'un état d'esprit positif, l'étrangeté des décisions tactiques continue à donner lieu à de nombreuses interrogations.

Afin d'éviter de répéter le lexique dans chaque article (et pour faciliter ses mises à jour), vous le trouverez désormais sur une page séparée.

Expected Goals

On ne voit plus vraiment la tendance du début de saison où l'OM était en réussite par rapport à ses xG, la principale raison étant que les joueurs particulièrement efficaces (Thauvin, Payet) sont rentrés dans le rang et que l'animation offensive actuelle ne les met plus dans des situations où ils peuvent marquer sur un ballon difficile. En l'absence d'éclairs individuels, la solution doit venir du collectif, hélas...

 

Composition et animation

Rudi Garcia opte pour un 4-4-2 quasiment à plat particulièrement visible en phase défensive, Payet et Ocampos menant l'attaque. Au coup d'envoi, quasiment la moitié des titulaires ne jouent pas à leur poste de formation ou de prédilection, la palme du dépannage revenant à un Morgan Sanson excentré sur le côté gauche. Son positionnement garantit qu'on ne pourra profiter ni de son impact physique, ni de ses qualités aux abords de la surface. Au vu de la feuille de match, on continue à avoir l'impression que l'entraîneur olympien privilégie la gestion humaine à la mise en place tactique : le choix des hommes intervient en priorité selon les performances récentes et ce que les joueurs montrent à l'entraînement. Le schéma de jeu et l'adaptation à l'adversaire sont relégués au second plan.

La Passmap dynamique (via @11tegen11)

Un bloc étiré pour multiplier les centres

Deuxième décision curieuse de ce match, les consignes semblent être d'assurer un maximum de présence sur les ailes et d'étirer le bloc dans la largeur autant que possible. On remarque le positionnement très haut des latéraux, au niveau des deux milieux axiaux, et les espaces laissés au milieu de terrain. Comme souvent, l'OM attaque surtout côté droit en profitant des automatismes entre Thauvin et Lopez et du circuit préférentiel avec Sarr. Badiashile est obligé de défendre très bas pour contenir les offensives olympiennes. Côté gauche, l'animation est très poussive ; le peu de liant entre Payet et Ocampos est inquiétant, en particulier dans une telle organisation.

On a aussi vu plusieurs tentatives de jeu long (Rolando en particulier) pour essayer de trouver les latéraux ou les ailiers rapidement, avec un taux de réussite peu enthousiasmant. Conséquence (symptôme ?) de cette présence concentrée sur les ailes, un nombre de centres particulièrement haut si on le compare aux récentes sorties de l'OM :

En dehors du match face à Reims, l'OM a rarement autant centré que dimanche dernier, que ce soit à ras de terre ou en hauteur. On comprend encore un peu mieux la titularisation d'Ocampos, son gabarit pouvant être un atout lors des duels. Mais cela reste une stratégie qui interroge tant Naldo domine les débats dans le jeu aérien :

Une grosse activité dans les halfspaces mais...

La présence d'Ocampos en pointe de l'attaque dotait l'équipe d'un profil "Brandaoesque". Idéal pour répondre au défi physique et capable de décrochages qui peuvent toujours être utiles face à une défense à 3, il a aussi permis à Kevin Strootman de jouer plus haut et de contribuer à l'activité offensive avec des récupérations de balle dans le tiers de terrain adverse. Son impact fut beaucoup plus distribué que ce qu'on a pu voir par le passé. À ses côtés, Lopez se pose une fois de plus en organisateur pour fluidifier le jeu marseillais.

L'activité du hollandais ainsi que celle de Lopez ont permis à l'OM de dominer les halfspaces aux abords de la surface monégasque. Malheureusement, le manque de solutions offensives et de mouvement a fait que cette domination a surtout donné lieu à des passes vers les côtés pour continuer à écarter le jeu et à chercher les latèraux. Et on revient toujours au manque de solutions et au caractère "téléphoné" des appels des attaquants olympiens. Florian Thauvin paie le prix de son explosion des deux dernières saisons, ses déplacements sont maintenant connus et plus faciles à anticiper.

La Zone 14 montre également cette volonté d'abandonner l'axe, et confirme le fait que Naldo en a très vite fait "sa" zone. L'OM doit s'en remettre aux seconds ballons, chose rendue difficile par le manque d'implication de Dimitri Payet dans les zones dangereuses et l'infériorité numérique dans l'axe. Néanmoins, c'est sur ce type d'action (et depuis un halfspace) que Maxime Lopez marquera le seul but marseillais de la rencontre à la suite d'un dégagement de la tête de la défense monégasque.

Activité marseillaise dans les halfspaces adverses, et dans la Zone 14

... un axe laissé vulnérable

On peut penser que Rudi Garcia s'est méfié du jeu long de Monaco, en particulier avec l'arrivée de Fabregas et qu'il a voulu pallier à un problème récurrent depuis la saison dernière : la vulnérabilité de l'OM face aux renversements de jeu. (Voir l'excellente vidéo de Gazette Tactique à ce sujet). En renforçant la présence sur les ailes et en étirant le bloc, il demandait à son équipe d'occuper le terrain de manière plus "homogène", mais moins dense.

La stratégie de passer par les côtés a eu un prix : celui de laisser des espaces dans l'axe du terrain. Monaco a su jouer dans la verticalité à plusieurs reprises, en ressortant le ballon vite et proprement pour lancer Ballo-Touré ou Golovin. Ils pouvaient pour cela se reposer sur la qualité de passeurs tels que Fabregas, qui a su lancer ses joueurs pour créer une situation problématique dont on a malheureusement l'habitude : Maxime Lopez étant peu efficace pour interrompre les offensives adverses, les joueurs arrivent lancés face à une charnière centrale qui n'est pas la mieux équipée pour gérer ce genre d'attaques.

Il est possible que le recul de l'équipe après les 20 premières minutes soit une volonté de colmater cette brèche sans avoir à changer tout le plan de jeu ; à défaut de retrouve un bloc compact horizontalement, on tente de se positionner pour "encaisser" les offensives adverses. Raté. En fin de match, on constate sur la passmap un retour à une ligne haute pour tenter de presser et d'obtenir les 3 points, mais l'approche générale ne change pas vraiment malgré un Strootman qui monte encore d'un cran.

Payet, Capitaine Flemme

Symbole du manque de créativité en attaque et du manque de solutions qu'on évoquait, le match de Dimitri Payet.

Peu d'emprise sur le jeu, un déchet inhabituel et des déplacements qui n'ont à aucun moment offert de soutien à Sanson, Ocampos ou Amavi. L'instabilité tactique chronique de l'équipe ne l'aide certainement pas, mais son niveau d'implication commence à inquiéter.

Conclusion

Il devient de plus en plus difficile de saisir le projet tactique de Rudi Garcia. Il semble avoir de nouveau voulu tenter quelque chose de différent sans que les joueurs n'y soient vraiment préparés, et sans avoir vraiment pesé la compatibilité de son plan de jeu par rapport à la nature de l'adversaire. Les recrues récentes de Monaco rendaient potentiellement compliquée toute prévision de leur mise en place, mais la présence de Naldo à elle seule était un indicateur des approches à éviter.

On peut aussi regretter que Caleta-Car et Kamara n'aient pas été retenus pour ce match (pour des raisons différentes), bien que vu le contexte on puisse comprendre que Garcia ait voulu privilégier l'expérience. Mais si Gustavo est parfois précieux pour construire depuis l'arrière, son apport n'est pas aussi bénéfique qu'au milieu de terrain.

Enfin, étant donné les difficultés éprouvées face aux équipes qui se projettent verticalement et le niveau actuel d'Amavi, serait-il une bonne idée de revenir vers un système à 3 derrière ? L'animation offensive lors des précédents matchs dans cette configuration était plus stérile que décisive, mais on semblait voir au moins une certaine mainmise sur le jeu...

Alors oui, on se réjouira du retour d'un certain état d'esprit du moins en début de match. Sans revoir la force mentale de l'équipe de la saison dernière, on a vu du mieux dans ce registre mais on reste à la recherche d'un projet de jeu cohérent.

 

Marv - Bene

Sources utilisées : Whoscored.com, Understat.com, 11tegen11 et StatsZone.

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