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OMFORUM DÉCRYPTE | Le Standard de Liège et l'OM, destins croisés (1/2)

OMFORUM DÉCRYPTE |Les destins de l'OM et du Standard de Liège se sont croisés pour la première fois en 1999 lors de l'achat du Standard par Robert Louis-Dreyfus. Pendant 15 ans, ces deux clubs auront eu une importante influence, l'un sur l'autre. Décryptage des moments où les destins se sont entremêlés.

 


1. Les années RLD et d'Onofrio

2. La revente du Standard et Michy


 

L'année 1996 voit le rachat de l'OM par Robert Louis-Dreyfus, pour le compte d'Adidas. Afin d'effectuer la transaction et de gérer le club, RLD crée une société, Eric Soccer (du nom de son premier fils). Les deux premières années de l'ère RLD sont marquées par de nombreux investissements afin de ramener le club marseillais au sommet de l'Europe.

En 1998, convaincu par son ami proche, le sulfureux Lucien d'Onofrio, RLD rachète (également via Éric Soccer) un Standard de Liège moribond et aux abois financièrement, avec une dette supérieure à 20 millions d'euros.

Pour Sacha Tavolieri, journaliste belge sur RadioHitalia et fan du Standard, ce rachat a été perçu comme salvateur "certains supporters avaient des doutes mais la situation du Standard était telle au moment de son rachat que il n'y a pas eu vraiment de tollé".

Lucien d'Onofrio, le lien sulfureux entre l'OM et le Standard

Avant de commencer, attardons-nous un peu sur Lucien d'Onofrio, qui est un des personnages centraux de cette relation OM-Standard. D'Onofrio n'est pas un inconnu à Marseille, ni pour les hommes en place à l'OM, ni pour le tribunal correctionnel de Marseille. En effet, «l'homme d'affaires» né en Italie, a été condamné en novembre 1995 par le tribunal correctionnel de Marseille à un an de prison avec sursis et 50.000 francs français d’amende pour faux, usage de faux et abus de confiance, dans l’affaire de la caisse noire du Sporting Club de Toulon. Souvenons-nous au passage que le principal protagoniste de cette caisse noire, était Rolland Courbis, condamné lui à 3 ans de prison avec sursis. D'Onofrio sera par la suite condamné également pour des faits similaires aux Girondins de Bordeaux.

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RLD rachète donc le Standard de Liège et nomme son ami d'enfance Reto Stiffler comme président à distance, mais surtout d'Onofrio comme vice-président avec l'ensemble du pouvoir exécutif. À travers quatre augmentations de capital en 1999, 2000 (avril et décembre), et 2002 (selon le greffe du tribunal de commerce de Liège), RLD (90% des fonds) et d'Onofrio (10%) sauveront le club de la faillite en apportant 35,6 millions d’euros. La justice belge a déterminé que les fonds de d'Onofrio étaient issus de commissions occultes versées lors de transferts de joueurs dont D’Onofrio était l’agent, ou un intermédiaire. L'apport au Standard a donc été pour lui un moyen de blanchir de l'argent.

RLD a donc acquis un deuxième club via Eric Soccer. Les destins de l'OM et du Standard vont donc être liés à plusieurs reprises par la suite.

Les quatre mousquetaires

Suite à l'arrivée de Bernard Tapie, dans un champ de ruines, à l'OM en avril 2001, c'est à la surprise de beaucoup de monde que 4 joueurs du Standard signent à l'OM durant l'intersaison en juillet 2001. Yobo, Van Buyten, Runje et Cavens sont totalement inconnus en L1 et sur la Canebière et c'est pour une somme énorme de 17 millions d'euros qu'ils rejoignent le club phocéen.

Pour Sacha Tavolieri "de notre point de vue, c'était bien. Un club ami qui entretient de bonnes relations avec le Standard et qui joue le haut de tableau, c'est le top. Ce sont surtout les à côtés de ces transferts qui ont étété problématiques : pots de vin, commissions agents en liquide non déclarées etc..."

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En effet, suite à une commission rogatoire lancée par la justice belge, Bernard Tapie est convoqué comme témoin assisté, pour expliquer le montant de ces transferts. Et ses explications sont assez surprenantes "aucun des dirigeants du Standard ne me connaît. Je n’en connais aucun (...) Avant qu’il vienne à l’OM, je n’avais jamais entendu parler de Yobo (...)", voire même gênantes pour RLD  "Ivic dit : j’aimerais avoir tel joueur, comme il est entraîneur du Standard, il s’est approché de ses patrons, d’Onofrio a fixé les prix et RLD les a entérinés dans le prix de la transaction".

Si Tapie s'est défendu en insistant la qualité des joueurs recrutés "J'ai néanmoins rappelé que Yobo, international nigérian, vendu plus cher qu'acheté, fait le bonheur d'Everton (1re div. anglaise), que Runje (gardien de but de Lens) est toujours bon, que Van Buyten est toujours libéro du Bayern Munich. Dans cette affaire, ce n'est pas l'OM qui est visé." et sur le fait que c'est son ami Dubiton qui signait les contrats, les magistrats belges ont soupçonné qu'il s'agissait d'une surfacturation volontaire, afin d'apporter un support financier au Standard (les deux clubs étant possédés par le même actionnaire, Eric Soccer/RLD, ou de générer des sommes pouvant être utilisées à d'autres fins. Le jugement dans ce dossier n'a pas été encore rendu.

 

Accéder à la deuxième partie de l'article 

 

 

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