quel gland

le figaro a écrit : Affaire Adidas : le parquet général donne raison à Bernard Tapie
L’avocat général de la Cour de cassation s’est prononcé en faveur de l’ancien homme d’affaires dans le litige qui l’oppose au CDR, l’organisme chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais, à propos du rachat d’Adidas, au début des années 90.
Au terme de dix ans de procédure, Bernard Tapie, 63 ans, est en bonne voie de recevoir au moins 135 millions d'euros d’indemnités, réclamés dans l’affaire de la cession du groupe Adidas en 1993. Devant la Cour de cassation vendredi, le parquet général s'est prononcé pour la confirmation de l'arrêt de la cour d’appel du 30 septembre 2005, condamnant le CDR à indemniser l’ancien homme d’affaires. La Cour de cassation, réunie en assemblée plénière et présidée par Guy Canivet, rendra lundi à 14 heures sa décision dans ce dossier.
L'avocat général a demandé à la Cour le rejet des demandes principales du pourvoi du CDR, la cassation sans renvoi et la rectification de l'erreur matérielle affectant le montant des dommages-intérêts qui se chiffre à 145 millions d'euros et non 135 millions. Le 30 septembre 2005, la cour d'appel avait estimé que le Crédit lyonnais avait floué Bernard Tapie en lui rachetant l'équipementier sportif Adidas et en le revendant avec une forte plus-value à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus, sans l'en informer. Elle avait condamné le CDR à verser à l'homme d'affaires 135 millions d'euros, puis avait reconnu qu’une erreur de calcul portait plutôt les dommages et intérêts à 145 millions d’euros. Erreur qu’elle n’a cependant pas rectifiée.
Ce pourvoi est la dernière chance pour l'Etat de ne pas payer l'addition, qui sera financée par les contribuables. Pour Bernard Tapie, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand, une décision favorable lui permettrait de régler intégralement les dettes accumulées après ses propres ennuis financiers et pénaux des années 90.
Si la Cour ne suivait pas l'avis du parquet général et décidait d’une cassation partielle de l’arrêt, le dossier serait alors renvoyé en cour d’appel.
Le parquet se prononce en faveur de Tapie
NOUVELOBS.COM | 06.10.06 | 13:45
Le parquet général de la Cour de cassation a demandé la confirmation de l'arrêt prévoyant une indemnité de 145 millions d'euros dans l'affaire Adidas.
Bernard Tapie (AP)
L 'avocat général de la Cour de cassation a conclu, vendredi 6 octobre, au rejet du pourvoi du Consortium de réalisation (CDR) et du Crédit Lyonnais contre leur condamnation à verser 135 millions d'euros à Bernard Tapie dans le cadre du litige les opposant sur la revente d'Adidas à Robert-Louis Dreyfus en 1994.
L'arrêt de la Cour de cassation, réunie en assemblée plénière et présidée par Guy Canivet, sera rendu le 9 octobre à 14h.
L'avocat général, Maurice-Antoine Lafortune, a estimé que l'ex-banque publique, mandataire de Bernard Tapie pour la revente d'Adidas dont il détenait 78%, avait "commis une faute massive" envers son client en ne l'informant pas de l'offre avancée par Robert Louis-Dreyfus.
L'avocat général a par ailleurs souligné qu'il était interdit au Crédit Lyonnais, mandataire de Bernard Tapie, d'avoir acheté l'équipementier, via une de ses filiales et un groupe d'investisseurs qu'il a financé.
L'avocat a demandé à la Cour la cassation sans renvoi et la rectification de l'erreur matérielle affectant le montant des dommages-intérêts qui se monte à 145 millions d'euros et non 135 millions.
Dix ans de procédure
Au terme de dix ans de procédure, la cour d'appel avait estimé que le Crédit lyonnais avait floué Bernard Tapie en lui rachetant l'équipementier sportif et en le revendant avec une forte plus-value à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus.
Le Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite en 1993, a déposé un pourvoi contre cette décision, dernière chance pour l'Etat de ne pas payer l'addition. Le CDR devrait payer l'addition sur fonds publics, si la décision était confirmée.
Bernard Tapie, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand, âgé de 63 ans, a l'espoir de solder intégralement ses déboires financiers avec cette procédure. Il pourrait en effet régler intégralement les dettes accumulées après ses propres ennuis financiers et pénaux des années 90.
Emprisonné en 1997 à la suite d'un match de football truqué entre Valenciennes et l'Olympique de Marseille, qu'il présidait, l'homme d'affaires a été condamné plusieurs fois à des peines de prison avec sursis pour des malversations financières.
Il a abandonné la politique et les affaires et entamé une carrière d'acteur et d'animateur de radio et télévision.
Montage financier complexe
Bernard Tapie avait pris le contrôle majoritaire d'Adidas en 1990, avant de céder ses parts pour l'équivalent de 318 millions d'euros en 1993 à la Société de banque occidentale (SBDO), filiale du Crédit lyonnais et partenaire de l'homme d'affaires depuis 1977.
Grâce à un montage financier complexe et clandestin passant par des comptes "offshore", le Crédit lyonnais a revendu ces parts d'Adidas en décembre 1994 à Robert-Louis Dreyfus pour l'équivalent de 708 millions d'euros.
Ce dernier a ensuite valorisé le groupe Adidas en Bourse en novembre 1995 pour 1,676 milliard d'euros (1,067 pour ses parts majoritaires). La procédure a établi que la banque et Robert-Louis Dreyfus s'étaient entendus au préalable pour l'ensemble de l'opération.
La cour d'appel de Paris a jugé la manœuvre illicite. Le CDR le conteste en cassation, en estimant que la cour a imposé aux banques des obligations auxquelles elles ne sont pas tenues par la loi.
Le procès en appel faisait suite à l'échec d'une médiation entre Bernard Tapie et le CDR menée de novembre 2004 à avril 2005 par l'ancien procureur général de la Cour de cassation Jean-François Burgelin, mais refusée par Bernard Tapie.
(Avec Reuters et AP)
"Une revanche énorme pour Bernard Tapie"
NOUVELOBS.COM | 06.10.06 | 13:04
par Airy Routier,
rédacteur en chef au Nouvel Observateur,
et auteur de "Le flambeur, la vraie vie
de Bernard Tapie" (Ed. Grasset).
La Cour de cassation a tenu une audience ce vendredi sur le pourvoi du Consortium de réalisation (CDR) et du Crédit Lyonnais contre leur condamnation à verser 145 millions d`euros à Bernard Tapie dans le cadre du litige les opposant sur la revente d`Adidas à Robert-Louis Dreyfus en 1994. Quels sont les faits dans cette affaire ?
- Le Crédit Lyonnais était chargé par Bernard Tapie de vendre Adidas, en 1993. La banque lui avait assuré qu`elle avait un acheteur qui lui offrait 2 milliards de francs, alors qu'en réalité un autre lui en proposait 4 milliards. Le Crédit Lyonnais a, au final, acheté Adidas pour son compte, au travers de sociétés écrans. Et ce, à l'insu de l`homme d`affaires. Or, le Crédit Lyonnais n`avait pas le droit de procéder à une telle opération, car il était mandaté par Bernard Tapie.
Ensuite, se sont succédés trois jugements principaux et des dizaines annexes. Le Crédit Lyonnais a opéré toutes sortes de manœuvres destinées à prolonger les débats.
Désormais, la cour de cassation est face à deux choix:
Soit, elle rejette le pourvoi de la CDR et du Crédit Lyonnais, tout s`arrête et Bernard Tapie touche ses indemnités.
Soit, la Cour de cassation, qui ne juge pas les faits qui sont maintenant avérés dailleurs, renvoie l'affaire devant une autre cour d'appel qui devra statuer sur le montant et la nature du préjudice. L'instance pourrait augmenter le montant des indemnités. Il y a une chance sur deux, selon les avocats de Tapie.
C'est la raison pour laquelle l'Etat, qui va payer pour le compte de la CDR, n'était totalement favorable à ce que le CDR et le Crédit Lyonnais se pourvoient en cassation.
Belle revanche pour Bernard Tapie…
- C'est une revanche énorme! Il est avéré qu'il y avait une volonté d`enfoncer Bernard Tapie de la part du Crédit Lyonnais, en plus de la perte strictement financière. La banque en a rajouté dans le dénigrement dans lequel était tombé Tapie dans les années 93-94, au moment de sa chute dans l'affaire des matchs truqués entre l'Olympique Lyonnais et Valenciennes. Elle a voulu écraser son client. Après treize ans, Tapie sort vainqueur de son duel avec Jean Peyrelevade, l'ancien président du Crédit Lyonnais, qui a mené toutes les opérations contre lui.
Si le CDR est condamné, qui va payer au final ? Le contribuable ?
- Pas directement.
Si le CDR est condamné, il versera cet argent à Bernard Tapie. Mais ces dommages et intérêts seront en réalité versés à ses liquidateurs judiciaires, qui se trouvent en l'espèce être l'Etat. C`est en quelque sorte l'Etat qui rembourse l'Etat.
Néanmoins, cela sauverait Tapie de la faillite, et il pourrait toucher d'autres indemnités par ailleurs.
Le CDR a été créé pour s'occuper de toutes les mauvaises affaires du Crédit Lyonnais, de manière à ce que ce soit l'Etat qui paie. Il a repris ses créances.
Le CDR disparaît, par ailleurs, au mois de novembre pour fusionner avec la Caisse des Dépôts. Son bilan est désastreux. Son pire dossier reste l'affaire Executive Life.
attila2001 a écrit :
"Une revanche énorme pour Bernard Tapie"
NOUVELOBS.COM | 06.10.06 | 13:04
par Airy Routier,
rédacteur en chef au Nouvel Observateur,
et auteur de "Le flambeur, la vraie vie
de Bernard Tapie" (Ed. Grasset).
Belle revanche pour Bernard Tapie…
- C'est une revanche énorme! Il est avéré qu'il y avait une volonté d`enfoncer Bernard Tapie de la part du Crédit Lyonnais, en plus de la perte strictement financière. La banque en a rajouté dans le dénigrement dans lequel était tombé Tapie dans les années 93-94, au moment de sa chute dans l'affaire des matchs truqués entre l'Olympique Lyonnais et Valenciennes. Elle a voulu écraser son client. Après treize ans, Tapie sort vainqueur de son duel avec Jean Peyrelevade, l'ancien président du Crédit Lyonnais, qui a mené toutes les opérations contre lui.
Si le CDR est condamné, qui va payer au final ? Le contribuable ?
- Pas directement.
Si le CDR est condamné, il versera cet argent à Bernard Tapie. Mais ces dommages et intérêts seront en réalité versés à ses liquidateurs judiciaires, qui se trouvent en l'espèce être l'Etat. C`est en quelque sorte l'Etat qui rembourse l'Etat.
Néanmoins, cela sauverait Tapie de la faillite, et il pourrait toucher d'autres indemnités par ailleurs.
Le CDR a été créé pour s'occuper de toutes les mauvaises affaires du Crédit Lyonnais, de manière à ce que ce soit l'Etat qui paie. Il a repris ses créances.
Le CDR disparaît, par ailleurs, au mois de novembre pour fusionner avec la Caisse des Dépôts. Son bilan est désastreux. Son pire dossier reste l'affaire Executive Life.
Dans l'esprit des gens si Tapie rafle 135M€, ça va sortir des poches de l'Etat donc des contribuables. J'en vois plein qui vont commencer à s'engatser sur cet enculé de Tapie qui va se gaver sur leur compte.Si le CDR est condamné, qui va payer au final ? Le contribuable ?
Un juste retour des choses doncsi-ma-tante-en-avait a écrit :
Dans l'esprit des gens si Tapie rafle 135M€, ça va sortir des poches de l'Etat donc des contribuables. J'en vois plein qui vont commencer à s'engatser sur cet enculé de Tapie qui va se gaver sur leur compte.
Mais les journalistes oublient sciemment ou pas que lors de la transaction entre le CDR et RLD, c'est le Lyonnais et donc l'Etat qui s'était gavé sur le dos de Tapie.
Enfin c'est pas bien grave, parce que j'ai entendu à la radio que si Tapie touche l'argent il retourne dans la poche du Fisc ensuite.si-ma-tante-en-avait a écrit :Dans l'esprit des gens si Tapie rafle 135M€, ça va sortir des poches de l'Etat donc des contribuables. J'en vois plein qui vont commencer à s'engatser sur cet enculé de Tapie qui va se gaver sur leur compte.
Enième rumeurOM:la folle rumeur Tapie !
07/10/2006 - 14:18
En ce matin de 2006, sur les ondes de France Info, est parvenue une folle rumeur. Tapie devrait renflouer ses caisses personnelles et pourrait faire une offre de rachat à RLD pour l'OM. En effet, depuis quelques mois, Bernard s'active pour réussir un incroyable coup de poker : faire condamner le Crédit lyonnais à lui verser 1 milliard d'euros de dommages et intérêts,chose qui devrait etre faite! L'ancien président de l'OM reproche à l'ancienne banque publique, la même qui l'a soutenu et aidé à monter la plupart de ses rachats d'entreprises, de l'avoir escroqué en empochant une très grosse plus-value, dans son dos, lors de la vente d'Adidas en 1993, en s'entendant secrètement avec les futurs repreneurs. Par les temps qui courent où Acaries cherche toujours le futur président olympien, voilà qui pourrait faire grand bruit sur la scène du football français. Bernard Tapie prend le sujet à coeur car il serait en train de négocier la reprise du club marseillais avec Robert-Louis Dreyfus qui n'a qu'un objectif : se sortir de la situation dans laquelle il est à l'OM et que seul un gars comme Tapie est capable de le sortir de là.
on dirait un copié-collé d'article vieux de 5 ans au commencement du procès lorsque tapie demandait 1 milliard d'euros mais depuis il y a beaucoup d'eau qui a coulé sous les ponts :vieux:faire condamner le Crédit lyonnais à lui verser 1 milliard d'euros de dommages et intérêts, chose qui devrait etre faite!
Revers judiciaire inattendu pour Bernard Tapie
PARIS (Reuters) - Bernard Tapie, qui attendait une éclatante victoire judiciaire dans un litige concernant la vente du groupe Adidas en 1993, a été débouté par la Cour de cassation.
Contre l'avis du parquet général, la plus haute juridiction du pays a en effet cassé un arrêt rendu le 30 septembre 2005 par la cour d'appel de Paris qui lui accordait 135 millions d'euros d'indemnisation.
Cette même cour d'appel de Paris devra rejuger l'affaire dans une autre composition, dans un délai qui n'a pas été fixé. Il pourrait être d'environ un an.
La cour d'appel avait estimé en 2005 que le Crédit lyonnais et sa filiale, la SDBO, l'avaient floué en lui cachant qu'il pouvait revendre Adidas au prix fort à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus.
La Cour de cassation annule cette décision en estimant au contraire "qu'aucune faute n'est caractérisée en l'état à l'encontre de la SDBO et du Crédit lyonnais".
"Il appartiendra à la cour d'appel de Paris de rejuger intégralement l'affaire, en droit et en fait", dit la Cour de cassation dans un communiqué.
C'est la Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite en 1993, qui avait déposé un pourvoi en cassation et ses arguments ont été entendus.
En cas de confirmation, c'est lui qui aurait dû payer la facture. Bernard Tapie, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand devenu à 63 ans comédien et animateur de télévision et de radio, demande 990 millions d'euros, dans cette procédure engagée il y a dix ans.
PASSIF GIGANTESQUE
Il espérait se "remettre à flot" et commencer à solder un passif bancaire et fiscal qu'il évalue à 160 millions d'euros.
Emprisonné en 1997 à la suite d'un match de football truqué entre Valenciennes et l'Olympique de Marseille, qu'il présidait, Bernard Tapie a été condamné plusieurs fois à des peines de prison avec sursis pour des malversations financières.
Il avait pris le contrôle majoritaire d'Adidas en 1990, mais son entrée au gouvernement l'avait amené à céder ses parts pour l'équivalent de 318 millions d'euros en 1993, grâce à un mandat de vente confié à la Société de banque occidentale (SBDO), filiale du Crédit lyonnais.
Or, on sait aujourd'hui que l'acheteur d'Adidas, un groupe d'entrepreneurs, était contrôlé en sous-main par le Lyonnais, grâce à un montage financier clandestin passant par des sociétés "offshore".
Le Crédit lyonnais a revendu ensuite ces parts d'Adidas en décembre 1994 à Robert-Louis Dreyfus pour l'équivalent de 708 millions d'euros.
Ce dernier a ensuite valorisé le groupe Adidas en Bourse en novembre 1995 pour 1,676 milliard d'euros (1,067 pour ses parts majoritaires). La procédure a établi que la banque et Robert-Louis Dreyfus s'étaient entendus au préalable pour l'ensemble de l'opération.
La cour d'appel de Paris avait jugé la manoeuvre illicite, estimant que le Lyonnais avait violé ses "obligations de mandataire" et "manqué à son devoir de loyauté".
La Cour de cassation juge que la cour d'appel "n'a pas caractérisé les éléments" de cette supposée faute.
comment se foutre de la gueule du mondeADIDAS
La Cour de cassation annule
l'indemnisation de Tapie
NOUVELOBS.COM | 09.10.06 | 16:57
La Cour de cassation a annulé la décision condamnant le CDR et le Crédit Lyonnais à lui verser 135 millions d'euros dans le litige les opposant sur la vente d'Adidas.
Bernard Tapie (AP)
C ontre toute attente, la Cour de cassation a infligé lundi 9 octobre un revers judiciaire à Bernard Tapie, qui attendait une indemnisation record dans un litige concernant la vente du groupe Adidas par une filiale du Crédit lyonnais en 1993.
Contre l'avis du parquet général, la plus haute juridiction du pays a en effet cassé un arrêt rendu le 30 septembre 2005 par la cour d'appel de Paris qui lui accordait 135 millions d'euros.
Cette même cour d'appel devra rejuger "intégralement" l'affaire dans une autre composition, a ordonné la Cour de cassation. Le délai probable est d'environ un an.
Cette décision est lourde de menaces financières pour Bernard Tapie, ancien ministre de la Ville de François Mitterrand devenu à 63 ans comédien et animateur de télévision.
Alors qu'il demandait au départ 990 millions d'euros, il est plus que jamais menacé par ses dettes fiscales et bancaires, qu'il évalue lui-même à 160 millions d'euros.
"Victoire à la Pyrrhus"
L'arrêt a été accueilli par des commentaires divergents. Les avocats du Consortium de réalisation (CDR), structure publique chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais et qui aurait dû payer l'éventuelle facture, ont crié victoire.
Les avocats de Bernard Tapie espèrent obtenir une indemnisation supérieure lors du nouveau procès.
"Cet arrêt va à l'encontre de ce qu'on a entendu depuis longtemps, qui voudrait que Tapie aurait été floué par le Crédit lyonnais et spolié des plus-values réalisées. Ca n'existe pas, c'est ce que dit cet arrêt", a dit Me Bernard Soltner, avocat du CDR.
"Ça peut être une victoire à la Pyrrhus pour le CDR, car si on reparle de la faute devant la cour d'appel, il y a la possibilité de doubler l'indemnisation", a rétorqué Me Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie.
Entente au préalable
Bernard Tapie avait pris le contrôle majoritaire d'Adidas en 1990, mais son entrée au gouvernement l'avait amené à céder ses parts pour l'équivalent de 318 millions d'euros en 1993, grâce à un mandat de vente confié à la Société de banque occidentale (SBDO), filiale du Crédit lyonnais.
On sait aujourd'hui que l'acheteur d'Adidas, un groupe d'entrepreneurs, était contrôlé en sous-main par la SDBO, grâce à un montage financier clandestin "offshore".
La SDBO a revendu ensuite ces parts d'Adidas en décembre 1994 à Robert-Louis Dreyfus pour l'équivalent de 708 millions d'euros.
Ce dernier les a ensuite valorisées en Bourse en novembre 1995 pour 1,067 milliard d'euros.
La procédure a établi que la banque et Robert-Louis Dreyfus s'étaient entendus au préalable pour l'ensemble de l'opération.
Après dix ans de procédure, la cour d'appel avait estimé en 2005 que le Crédit lyonnais avait floué Bernard Tapie en lui refusant d'abord en 1993 un soutien financier en crédit et en le poussant donc à vendre Adidas dans la précipitation.
"Devoir de loyauté"
Sur ce point, la Cour de cassation rappelle une "jurisprudence constante selon laquelle le banquier est toujours libre de proposer, consentir, ou refuser un crédit.
En second lieu, la cour d'appel de Paris sanctionnait le montage off-shore fait par la SDBO, estimant que la banque avait "manqué à son devoir de loyauté" en cachant à Bernard Tapie, qui lui avait confié mandat de vente, le but final de l'opération, la cession d'Adidas à Robert-Louis Dreyfus.
La Cour de cassation ne conteste pas le caractère illicite de l'opération mais estime que le Crédit lyonnais ne peut être "obligé par un contrat auquel il n'était pas partie", car il concernait sa filiale, "personne morale distincte".
Emprisonné en 1997 à la suite d'un match de football truqué entre Valenciennes et l'Olympique de Marseille, qu'il présidait, condamné aussi dans plusieurs autres affaires, Bernard Tapie est d'autant plus embarrassé par l'arrêt qu'il doit encore être jugé pour "banqueroute" de ses anciennes sociétés. Une première audience est prévue le 19 octobre. (Reuters)