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UNITED STATS | OM-STRASBOURG, UN 4-3-3 A PEAUFINER

UNITED STATS | Après s'être compliqué la tâche en deuxième période, l'OM a fini par vaincre Strasbourg sur le fil pour se relancer. Principal intérêt "tactique" du match, le passage annoncé au 4-3-3 et le positionnement de Payet à gauche, dont on attendait de voir l'impact sur l'animation globale de l'équipe.

Afin d'éviter de répéter le lexique dans chaque article (et pour faciliter ses mises à jour), vous le trouverez désormais sur une page séparée.

Le Match

Expected Goals

En dehors des buts et de la combinaison sur coup-franc entre Payet et Thauvin à la 15e minute, l'OM a eu des difficultés à se procurer de véritables occasions franches. Côté Strasbourgeois, quasiment pas de situations dangereuses après l'expulsion d'Amavi jusqu'à l'égalisation en dépit d'une supériorité numérique, signe d'une bonne gestion du match de la part des Olympiens (à trois minutes près).

La Passmap dynamique (via @11tegen11)

Un 4-3-3 compact, mais fluide

L'OM présente un 4-3-3 très axial, là où les matchs précédents donnaient souvent l'impression d'une équipe scindée en deux. On a souvent parlé ici des polygones qu'on pouvait voir sur le côté droit tandis que l'aile gauche privilégiait une percussion plus directe. Ici, on voit une structure beaucoup plus régulière - un pavage, si l'on nous permet de continuer à utiliser des termes mathématiques pour décrire la structure de l'équipe. Les latéraux sont une nouvelle fois placés très haut pour combiner avec les milieux et mettre en place les triangles chers à l'entraîneur marseillais.

Cette animation est facilitée par la présence de deux défenseurs centraux "relanceurs", Kamara étant tout aussi capable que Gustavo d'amorcer des séquences de possession de son côté soit en lançant son latéral, soit en trouvant Maxime Lopez.

Payet garde son influence

Le principal argument en défaveur du 4-3-3 est en général sa conséquence sur le positionnement de Dimitri Payet : éloigné de l'axe qu'il occupe dans le 4-2-3-1 qui lui donne la liberté d'évoluer parfois en second attaquant juste derrière Mitroglou, on pouvait se demander si le meneur de jeu de l'OM garderait son influence. Une préoccupation d'autant plus valide qu'il affiche depuis quelques semaines un niveau individuel très impressionnant. Ce match a apporté de premiers éléments de réponse, tant il a été cherché par ses partenaires. Lorsqu'il a le ballon, c'est Payet qui dicte le mouvement collectif et les déplacements des joueurs offensifs. Si le jeu a d'abord eu lieu à gauche, l'activité de l'équipe a suivi les mouvements du Réunionnais.

Plutôt qu'un 4-3-3 clair et défini avec Strootman en sentinelle, on se retrouve avec un schéma plus fluide et une symétrie Strootman-Lopez qui garantit désormais une animation homogène. En fait, il est amusant de constater que si l'on regarde un instantané de la passmap sur les 30 minutes précédant l'expulsion d'Amavi, on constante un 4-2-3-1 beaucoup plus fidèle que lorsque l'équipe joue "officiellement" avec ce schéma :

Rudi Garcia savait que Strasbourg se présenterait au Vélodrome avec une défense à trois qu'ils ont adopté depuis quelques matchs. Face à cette configuration, le choix de Germain est assez logique : on privilégie un 9 plus mobile, dont les déplacements peuvent aider à mettre la défense adverse hors de position plutôt que d'envoyer un 9 axial au casse-pipe face à trois adversaires. Cependant, Germain a joué plus haut qu'on ne l'a vu faire lors des matchs précédents, même si on l'a vu souvent redescendre principalement pour tenter d'apporter quelque chose dans les duels aériens en particulier en deuxième période.

 

Origine des séquences de possession

Confirmation du positionnement haut des latéraux marseillais, et du regroupement axial de l'équipe si l'on compare aux précédentes rencontres. Le faible nombre de récupérations hautes (séquences de possession qui démarrent dans le tiers adverse) indique un pressing moins haut et moins intense que d'habitude (valeur de PPDA sur ce match = 10.70, assez faible face à un adversaire comme Strasbourg à domicile).

Les deux vies de Kevin Strootman

Le match de Kevin Strootman est intéressant dans sa dualité - précieux dans ses interceptions en première mi-temps, il a aussi eu un positionnement dissuasif pour Strasbourg, similaire a ce qu'il avait accompli lors de la réception de Guingamp. Point d'ancrage de l'équipe, il a cette fois eu l'occasion de contribuer à développer le jeu sur la gauche plutôt que d'orienter exclusivement vers le côté "fort" de l'équipe.

Après l'expulsion du latéral gauche marseillais, la contribution du Hollandais change du tout au tout - peu soucieux de faire le jeu, il s'est chargé de réduire les angles de passe adverses et de multiplier les contacts (et les fautes) pour briser toute velléité adverse. En ça, il fut bien aidé par Ocampos et son jeu au corps qui ont contribué à assurer la conservation du ballon durant une période difficile. Sa passe pour Sakai qui amène le but victorieux après l'égalisation strasbourgeoise montre aussi qu'il a su rapidement basculer dans l'autre sens, passant d'un rôle défensif à une contribution offensive décisive.

Autre point à noter, des combinaisons Sakai-Strootman-Ocampos efficaces sur le côté gauche en deuxième période, qui laissent présager de bonnes choses durant l'absence forcée d'Amavi.

 

Dr Milieu et Mr Gourdin : activité de Strootman avant et après l'expulsion d'Amavi
Légende

Une aile droite moins décisive

A la fois Strootman et Morgan Sanson ont souvent tenté de renverser vers le côté droit pour lancer Thauvin, sans le trouver (voir les flèches rouges sur l'activité de Strootman ci-dessus, et Sanson ci-dessous). L'ailier marseillais a semblé légèrement en retrait par rapport à ses performances récentes, ce qui peut être le signe d'un début de fatigue ou d'une défense strasbourgeoise particulièrement concentrée sur lui qui a souvent été en supériorité numérique.

Au delà de la qualité des appels des attaquants, la faible efficacité dans ces transmissions peut aussi être attribuée au manque d'automatismes dans un dispositif relativement nouveau pour l'équipe.

Conclusion

Si la victoire fut acquise dans la douleur, le 4-3-3 proposé par Garcia a permis de voir des choses intéressantes au coeur du jeu. Payet semble en mesure de garder son influence même en débutant le match dans une position excentrée et bien qu'il se cherche encore avec certains de ses coéquipiers Strootman peut être le joueur idoine pour réguler le milieu de terrain dans cette organisation. Attention cependant à la vulnérabilité de l'OM face aux équipes qui privilégient la verticalité et les jaillissements rapides, en particulier durant cette période ou il est difficile d'installer une défense type en raison des absences répétées. A voir ce que donnera l'animation du côté gauche en l'absence de Jordan Amavi, et quelle sera l'utilisation optimale de Luiz Gustavo dans cette configuration.

 

Marv - Buk - Bene

Sources utilisées : Whoscored.com, Understat.com, 11tegen11 et StatsZone.

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