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UNITED STATS | OM-TFC, DU GARCIA DANS LE TEXTE

L'OM a démarré son championnat de la meilleure des manières avec une victoire à domicile face à Toulouse (4-0). Après les analyses à chaud d'OMLM, retour sur ce match sous l'angle des statistiques.

Nouvelle rubrique sur OMForum, où l'on va tenter de décortiquer certaines statistiques les plus représentatives des matchs. On y fera aussi des focus particuliers soit sur des joueurs, soit sur des "événements" (une certaine action, l'impact d'un changement de système en cours de jeu ou l'apport d'une recrue, etc.). Une fois la saison pleinement lancée, cette rubrique contiendra aussi une section ou l'on essaiera d'utiliser le caractère prédictif de certaines stats pour dégager une tendance, ainsi qu'une comparaison sur la durée avec nos concurrents directs.

Pour ce premier article, on va tout d'abord introduire (ou rappeler) certains termes qui seront utilisés constamment, avant de se pencher sur certaines stats révélatrices de la première journée de L1.

Lexique

Certains des concepts ou mesures utilisés peuvent être un peu rébarbatifs ou contre-intuitifs, voici donc une brève explication de termes qui vont revenir souvent.

Expected Goal (xG) : L'évaluation de la probabilité qu'un tir donne lieu à un but, en se basant sur des décennies de données.
Si un attaquant est seul face au but vide, cette situation se verra attribuer une valeur xG de (disons) 0.96. Lorsqu'un ailier tente d'envelopper une frappe depuis une position excentrée à 35 mètres des buts, le tir aura approximativement une valeur xG de 0.05.
La principale utilité de cette statistique est pour la prédiction à moyen terme : mettre en évidence le fait qu'une équipe soit en surrégime au niveau de la conversion d'occasions en buts ou, au contraire, montrer qu'elle se crée un grand nombre de situations sans arriver à les concrétiser.

A noter que plusieurs modèles donneront des chiffres différents (en particulier, tout le monde n'accorde pas la même valeur à un penalty). Il n'existe pas de valeur "absolue" d'Expected Goal pour un match ou même une situation.

Passes allowed Per Defensive Action (PPDA) : Une mesure du pressing de l'équipe. Le nombre moyen de passes qu'on laisse l'adversaire enchaîner dans sa moitié de terrain sans tenter un tacle ou une intervention. Une valeur basse signifie un pressing intense, une valeur haute correspond à une équipe qui laisse volontiers le ballon à l'adversaire. La Passmap permet aussi de voir la position moyenne des joueurs sur le terrain.

Passe clé (key pass) : Une passe qui est suivie d'un tir au but. Permet de mettre en évidence l'impact des passeurs de l'équipe de manière plus juste que le nombre de passes décisives, ce dernier reposant significativement sur l'efficacité de l'attaquant qui reçoit la passe.

Passmap : Une manière de représenter les circuits de passes au cours du match. La convention est d'utiliser des points pour les joueurs, dont la taille représente le nombre de ballons touchés. Les flèches entre les points montrent les circuits préférentiels (l'épaisseur du trait indiquant le nombre de passes entre les deux joueurs).

Passe longue : Oui, ce n'est pas vraiment un terme compliqué à comprendre. Seulement pour dire qu'une passe est considérée comme "longue" à partir de 32 mètres (35 yards).

Les différents types d'actions défensives (et les traductions en français qu'on utilisera) :

  • Tackle (tacle) : au sol, tentative de récupération du ballon.
  • Recovery (récupération) : le joueur récupère un ballon qui "traîne" suite à une perte de balle. Mais sans tacle.
  • Interception : le joueur coupe une passe pour récupérer le ballon.

Zone 14 : A partir du début des années 2000, plusieurs études statistiques ont montré que les équipes les plus performantes étaient celles qui généraient une activité importante dans cette zone.

Le nombre de passes faites vers cette zone, le nombre de tirs depuis cette zone et le nombre de passes vers l'avant à l'intérieur de cette zone sont autant de métriques qui entrent en compte dans l'évaluation de la performance de l'équipe.

Le Match

Rudi Garcia aligne le 4-2-3-1 auquel il nous a habitués l'an dernier plutôt que de répéter les expérimentations vues durant les matchs de préparation. Pénurie de défenseurs centraux oblige - Rami et Caleta-Car étant en phase de reprise -, on a une charnière Gustavo-Kamara derrière un milieu Sanson-Lopez.

L'OM montre les mêmes valeurs (dans tous les sens du terme) que la saison dernière, avec un pressing toujours aussi intense à domicile. L'équipe avait achevé la saison avec une PPDA a 7.2, elle a retrouvé contre Toulouse un ordre de grandeur semblable : 6.39. Le bon travail de Sanson au milieu de terrain (voir plus loin) n'y est notamment pas étranger.

Aucune surprise au niveau de l'évolution des Expected Goals :

 

Une très courte phase de mise en jambes avant une montée en régime. Et toujours cette volonté de continuer d'aller de l'avant lorsque l'on mène au score, sans chercher à gérer un résultat acquis. Le match de vendredi était en cela un peu particulier puisque l'entrée de Florian Thauvin comme remplaçant a sans doute accentué ce phénomène.

Que ce soit la saison dernière ou bien durant certains matchs de préparation, l'OM avait souvent tendance à "pencher à droite" : méforme d'Amavi, profil d'Ocampos, explosion de Bouna Sarr : les raisons étaient nombreuses.

Contre Toulouse, en l'absence initiale de Sarr, l'OM a montré un visage plus équilibré. Njie permutant parfois avec Germain dans l'axe et rendant les combinaisons avec Sakai difficiles, le japonais s'est retrouvé à adopter un rôle très défensif, ce dont il s'acquitta brillamment : 100% de tacles réussis (3/3), 100% de dégagements réussis (3/3) et 100% de duels aériens remportés (4/4).

La Passmap dynamique (via @11tegen11)

Quelques point à noter:

  • Le changement immédiat de position de Germain dès que l'OM inscrit le premier but : il redescend au milieu de terrain où il a un impact défensif assez intéressant (3 tacles dont 2 réussis, 2 de ses 6 duels aériens auront lieu en dehors de la surface adverse). Payet se retrouve dans les faits être la réelle pointe de cette équipe jusqu'à sa sortie, après laquelle Germain retrouve sa position initiale.
  • La différence entre l'apport de Njie et celui de Sarr : sans vouloir tirer sur l'ambulance, Clinton fut complètement isolé dans cette animation. Absence de combinaisons avec son latéral, aucune esquisse du jeu en triangle cher à Garcia, contribution défensive quasi-inexistante en raison d'un positionnement très haut... Avec 22 ballons touchés et 10 passes en presque une heure de jeu pour 5 pertes de balle, c'est un sale bilan chiffré pour le Camerounais.
  • Les circuits préférentiels Lopez-Payet et Lopez-Kamara.

L'activité en Zone 14

Aucune des passes décisives du match n'intervient dans cette zone (longue passe de Sanson, centre d'Amavi) mais on constate une activité importante et surtout un équilibre intéressant dans la distribution des passes depuis cette zone (écartement du jeu fréquent, une seule véritable passe en retrait, combinaisons de jeu court et long, ...). A terme, il s'agira de la statistique à suivre pour mesurer l'impact de notre numéro 10 (ou pour mesurer son apport : il serait par exemple intéressant de voir ce que donne cette métrique en l'absence de Payet, ou lors de son remplacement par Sanson/Lopez).

Activité en Zone14 - les passes en pointillés sont celles qui n'ont pas abouti

Origine des séquences de possession

Le graphique ci-dessous montre à quel endroit du terrain les phases de possession de l'OM démarrent, et lesquelles aboutissent à un tir au but. On remarque ici aussi certains principes particulièrement chers à Rudi Garcia : démarrage de la défense pour des séquences de possession assez longues, implication des centraux et des milieux défensifs dans la construction.

Répartition des points d'origine des phases de possession de l'OM, et si elles ont abouti ou non à un tir au but

Le(s) Joueur(s)

Morgan Sanson

Des deux milieux, c'est Sanson qui s'empare du rôle de numéro 6 avec une certaine réussite, se révélant notamment précieux a la récupération. Ses 60 premières minutes furent un peu discrètes, puis son impact défensif prit toute son ampleur dans le dernier tiers du match, fait mis en évidence sur la vidéo ci-dessous.

 

La distribution de ses autres interventions défensives (interceptions et tacles) montre bien le registre d'un numéro 6 occupant la largeur du terrain.

Interceptions et tacles réalisés par Sanson - en vert les tacles réussis.

Il a souvent été dit dans OMLM que l'une des limites de Sanson était la spécificité de son jeu : jamais à l'aise en numéro 10, efficace dans un 4-3-3 à condition d'être entouré de joueurs avec un certain profil, ayant parfois du mal à se positionner lorsqu'il est l'élément le moins offensif d'un double pivot, etc. On peut se demander si Rudi Garcia a travaillé particulièrement avec Sanson afin de l'installer durablement dans un rôle plus défensif, et plus encore au regard du départ de Zambo-Anguissa et en l'absence (actuelle) de recrues au milieu.

Il s'agit donc de l'un des joueurs dont il faudra suivre l'évolution au cours des prochains matchs, étant donné qu'il a déjà su donner satisfaction de manière ponctuelle par le passé avant de retomber dans certains travers.


Boubacar Kamara

On attendait sa titularisation et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas déçu. Il est celui qui a touché le plus de ballons et continue de dégager une sérénité et une maturité précoces que les statistiques chiffrées auront toujours du mal à retranscrire. Toutefois il est assez facile de représenter son influence sur le jeu marseillais :

Passes effectuées par Kamara au cours du match - en rouge, les passes qui ne sont pas arrivées à destination

Dans sa moitié de terrain, Bouba est un véritable gage de tranquillité : aucune prise de risque incongrue et une volonté de rattraper les erreurs de ses coéquipiers, qui montre non seulement une aisance technique rare mais aussi une excellente mentalité. On le voit sur ce graphe, à moins de tenter une passe plus longue et compliquée, les pertes de possession sont extrêmement rares.

Dimitri Payet

L'un des rares à avoir donné satisfaction lors du match de préparation à Bournemouth (défaite 2-5), on a donc eu la confirmation de son état de forme vendredi soir. Affûté, incisif tout en gardant ce relâchement qui lui est caractéristique, il a eu la mainmise sur la production offensive de l'équipe. 5 occasions créées (ou "passes clés"), matérialisées ici :

L'action

Le deuxième but de Dimitri Payet (et de l'OM) est un modèle d'adaptation face à un bloc dense et bas. Une fois la défense toulousaine amenée à se regrouper sur le côté droit, on renverse le jeu et l'on utilise la vivacité de Sarr pour amener le danger avant que l'adversaire n'ait le temps de se remettre en position.

Une excellente analyse vidéo du but, par le toujours pertinent @RomainPeli.

 

On espère que ce debrief statistique du premier match de la saison a apporté son lot d'informations. Il s'agit d'une approche assez inédite sur OMForum et comme vous pouvez sans doute le voir chaque match fournit une quantité de données qui peut être compliquée à digérer. On a essayé de faire le tri pour s'en tenir à un nombre restreint d'axes d'analyse, mais la rubrique est encore jeune et va évoluer au fur et à mesure. L'objectif est de proposer un retour statistique après chaque match même si certains seront plus complets que d'autres selon ce qui aura été aperçu sur le terrain.

En attendant, n'hésitez pas à nous rejoindre sur le forum pour discuter de ce qui est présenté ici (et d'autres choses).

Sources utilisées : Whoscored.com, Understat.com, 11tegen11 et StatsZone.

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