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OMFORUM DÉCRYPTE | Des socios à l'OM ?

OMFORUM DÉCRYPTE | Comme le dit le proverbe : "Les joueurs passent, les entraîneurs passent, les dirigeants passent, les supporters restent" ; en cette année de grands changements, un mouvement de socios, le Massilia Socios Club, s'organise à Marseille. Leur but : faire entrer les supporters de l'OM dans le capital du club.

Dans cet article, nous allons faire un point sur les différents mouvement de socios en Europe.

 


Première partie : Présentation des Différents Mouvements de Socios en Europe

Deuxième partie : Présentation et genèse du Massilia Socios Club

Troisième partie : L'Analyse du Projet du Massilia Socios Club (1/2)

Troisième partie : L'Analyse du Projet du Massilia Socios Club (2/2)

Quatrième partie : L'Interview du Massilia Socios Club


Partie 1 sur 4 | Première partie : Présentation des Différents Mouvements de Socios en Europe

 

Même si au sens large le terme "socio" peut renvoyer à plusieurs catégories de supporteurs actionnaires de son club, celui-ci a une définition bien précise. Un socio est un supporter associé. C'est-à-dire qu'il est membre d'une société (et non d'une entreprise), moyennant un cotisation annuelle, qui possède une partie ou la totalité d'un club de football. À ce titre, il a des pouvoirs sur son club, qui varient selon les clubs et les législations en vigueur dans les pays.
Le terme est originaire du football ibérique.

Les Socios en Espagne

Les Socios du Camp Nou

Quand on parle de socios, les premiers exemples qui nous viennent à l'esprit sont le FC Barcelone et le Real de Madrid. Ce sont deux clubs qui appartiennent à 100% à une société de supporteurs associés. Bilbao et Osasuna en sont deux exemples aussi.

Ces sociétés de supporteurs associés sont composées de 143 000 socios à Barcelone, 91 000 à Madrid, 44 000 à Bilbao et 15 000 à Osasuna. Chacun de ces associés dispose donc d'un droit de regard et d'un droit de vote sur la politique de son club. Dans ces clubs, le pouvoir des socios se caractérise principalement par le pouvoir d'élire le président, et donc de donner la direction sur la politique du club dans les années à venir. Le socio dispose aussi souvent d'une place au stade ou d'un accès anticipé à la billetterie. Il a aussi droit à d'autres avantages.

Les socios espagnols ont un pouvoir très important sur leur club. Par exemple à Bilbao, seuls des joueurs d'origine basque ou ayant été formés au club peuvent y jouer. Une tradition qui pourrait s'arrêter si le club était le propriété d'une seule personne. Ce sont les socios basques qui sont les garants de cette tradition. À Barcelone, la question du sponsor maillot a été soumise à un vote aux socios. Il s'agissait d'abandonner la publicité gratuite pour l'UNICEF au profit d'un sponsor payant. Les supporteurs associés ont tranché au profit d'une nouvelle rentrée d'argent.

L'argent apporté par les socios barcelonais et madrilènes a eu une importance capitale dans l'histoire de ces deux clubs. Au début de leur histoire, celui-ci leur a permis de se constituer un véritable patrimoine immobilier et foncier. Ce sont ces actifs qui leur permettent de soutenir une dette énorme auprès des banques. Et ainsi de pouvoir faire d'importants investissements en transferts et de se maintenir quasiment en permanence dans l'élite du football mondial.

À l'Atletico Madrid, la situation est différente. Il n'y a pas de supporteurs associés qui sont propriétaires, au moins en partie, de leur club. Mais il existe une association du supporteurs qui n'ont aucun pouvoir et qui peuvent s'acquitter d'une cotisation annuelle de 50 euros. Pour la saison 2015-2016, il y avait plus de 85 000 de ces supporteurs, rapportant 4 250 000 euros en plus dans le budget de la saison.

Au Real de Madrid, lors de la saison 2012-2013, les 93 000 socios et les abonnés ont apporté 140 millions d'euros supplémentaires au budget du club. Ces apports financiers annuels permettent au Real d'obtenir des prêts, et ainsi pouvoir acheter des joueurs à très fortes valeurs. Les banques prêtent d'autant plus facilement l'argent que le club a pu se constituer un patrimoine immobilier de presque 1 milliard d'euros, toujours grâce à l'apport des socios.

En 2012, le club du Real Oviedo se retrouve quasiment en faillite. Il se situait à ce moment-là en troisième division et devait trouver 2,5 millions d'euros. Cinq supporters reprennent la suite du club et lancent une opération de sauvetage en mettant en vente des actions du club. Grâce à une forte mobilisation, notamment en Angleterre, le Real Oviedo récolte presque 2 millions d'euros en deux semaines. L'homme le plus riche du monde, Carlos Slim, mettra la même somme d'argent pour sauver le club. Après l'opération, 40% du Real Oviedo appartiendra à ses supporteurs.

Mais en Espagne l'existence des socios n'a pas que des points positifs. Dans certains clubs, ce sont les socios qui élisent le président. Les promesses électorales qui en découlent entraînent souvent de graves dérives financières. Les candidats à ces élections se lancent dans de véritables campagnes où tous les coups sont permis. Les candidats, qui peuvent même s'affronter dans des débats télévisuels, se lancent alors dans des promesses de transferts d'autant plus élevées que celles-ci ne concernent pas leur propre argent. De la même façon, les fins de mandats d'un président sont souvent instrumentalisées au service de la campagne de réélection de celui-ci. Les socios espagnols vivent les mêmes problèmes à la tête de leur club que les citoyens avec la politique.

Les Socios en Allemagne

Les Socios du Bayern de Munich

En Allemagne, la situation est complètement différente. En 1998, une loi a été mise en place disposant qu'un club de football devait appartenir au moins à 51% à des associations de sociétaires. Le reste peut appartenir à des sociétés anonymes. Seuls deux clubs appartenant historiquement à des entreprises privées en sont exemptés. La partie associative d'un club : la formation et les équipes amateurs, doivent rester à 100% dans le giron des sociétaires allemands. Ces règles ont été mises en place afin d'éviter que les clubs de football allemands soient contrôlés par des étrangers.

Chaque club a une situation différente, et dans chacun, les pouvoirs des sociétaires dépendent de divers facteurs. Dans tous les cas, ils sont très importants puisque ceux-ci possèdent la majorité des parts du capital.

Ce modèle allemand est salué comme étant très efficace. Ils sont parmi les plus rentables d'Europe. Ce qui attire des investisseurs privés qui sont intéressés par le capital restant.

Le Bayern de Munich dispose de plus de 187 000 sociétaires, ainsi que d'importants placements immobiliers, dont son stade, qui lui assurent une belle source de revenue. Les 49% de son capital appartiennent à différents investisseurs comme ses sponsors Adidas et Audi. Ils ont chacun 9% environ, ce qui les impliquent encore plus dans la réussite sportive et économique du Bayern.

Les Socios en Grande-Bretagne

Les Socios du FC United of Manchester

En Grande-Bretagne, le modèle de supporteurs associés résulte principalement en réponse au football business. Les supporteurs britanniques se rassemblent dans des associations qui rachètent des actions de leur club. C'est ce qui arrive actuellement à plus de 200 clubs du Royaume.

Par exemple, Portsmouth est détenu à 51% par des sociétaires, Swansea à 20% et aux Glasgow Rangers, les Rangers First (les socios locaux) siègent au conseil d'administration.

C'est un mouvement qui a commencé par des initiatives locales et qui est aujourd'hui soutenu par la Commission Européenne et par l'UEFA, qui aident financièrement ces associations.

Un second mouvement de sociétaires consiste à recréer des clubs en protestation. L'AFC Wimbledon et le FC United de Manchester en sont deux exemples. Ils sont donc détenus à 100% par leurs supporters.

Et en France ?

En France, il n'y a aucun cas concret d'un club détenu par des socios dans le monde professionnel du football. Mais depuis plusieurs années, les projets se multiplient comme à Nantes, Saint-Etienne, Paris, Lens, ou dans notre cas : Marseille.

Les barrières sont nombreuses et le cadre légal, pour une SASP de foot, reste encore à définir.

Dans une entreprise classique, il existe une ébauche de définition dans le Code Civil. Un associé est une personne qui est membre d'une société et qui, en échange d'un apport (d'argent ou autres), reçoit des droits sociaux. Selon les statuts de la société, l'associé peut avoir droit à des dividendes, et aussi contribuer aux pertes sur son patrimoine personnel (ce qui n'est classiquement pas le cas dans les associations de socios). L'associé a aussi obligatoirement un droit de vote et un droit d'information.

En France, nous partons d'une page blanche, qu'il reste à écrire.

Accéder à la deuxième partie du dossier : Présentation et Génèse du Massilia Socios Club

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