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FINANCES DE L'OM | De 1996 à 2002, 6 ans de gaspillages et de gâchis

OMFORUM DÉCRYPTE | L'analyse des résultats de l'OM, à partir des comptes détaillés publiés au greffe, et des rapports de la DNCG, permet de constater que le club marseillais a connu des années très contrastées. Nous vous avons proposé une analyse et un bilan financier de ces différents résultats, en découpant les années selon les présidents en fonction. Voici une série d'articles analysant et identifiant les apports de la famille Louis-Dreyfus à l'OM depuis 1996, pour que la vérité soit établie une fois pour toute.



1996 : l'OM est à vendre et Nike se positionne discrètement pour racheter le club phocéen, ce qui, ajouté au PSG dont il est l'équipementier depuis 1989, lui donnerait un contrôle quasi-total du marché français. Devant la menace, Adidas décide alors de réagir. Robert Louis-Dreyfus explique comment à la barre du procès des comptes de l'OM :  « Nous avons alors décidé de racheter l'OM. Mais Adidas ne pouvait pas le faire sans soulever des demandes de capitaux de la part du Real Madrid et du Bayern de Munich [également sous contrat avec Adidas]. Le plus simple était que je rachète l'OM en mon nom propre. »

Le 13 décembre 1996 marque le début de l'ère Louis-Dreyfus à l'OM. À travers la société Eric Soccer, dont Robert Louis-Dreyfus est l'actionnaire unique, et qu'il a nommé ainsi du nom de son fils aîné, Eric, RLD rachète l'OM pour un montant dérisoire et transforme la SA économie mixte à objet sportif en SA à objet sportif (SAOS) avec un directoire et un conseil de surveillance. RLD prend directement la présidence de l'OM, même si Roussier agit comme Président délégué.

La première demi-saison se passe moyennement bien et l'OM finit la saison à la onzième position pour son retour en première division. Les nombreux investissements effectués en termes de merchandising et de joueurs, combinés au médiocre classement de fin de saison aboutissent à un déficit d'exploitation de 2 millions d'euros, auquel il faut ajouter environ 1,5 millions de charges exceptionnelles (incluant des charges des années précédentes), ce qui porte le déficit final à 3,6 millions d'euros affecté au poste report à nouveau, les capitaux propres de l'OM passent donc de 4,3 millions à 0,7 millions d'euros. RLD prend néanmoins l'engagement d'augmenter le capital de 7,6 millions d'euros pour la saison 1997-1998 (engagement qu'il dépassera largement)

Des dépenses pour structurer et développer le club 

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La saison 1997-1998 est donc la première lors de laquelle d'importants investissements sont consentis, ce qui a nécessité une première augmentation de capital de 22 millions d'euros pour financer ces investissements. Cette deuxième saison est marquée par une 4ème place en championnat, qui permet de se qualifier pour la coupe de l'UEFA mais pas pour la lucrative LDC, objectif avoué du club. Si les revenus d'exploitation ont augmenté de plus de 25% pour atteindre 27 millions, les charges d'exploitation ont quant à elles presque doublé pour atteindre 33 millions, en raison notamment du doublement de la masse salariale et des dépenses liées aux transferts, incluant les honoraires divers et les amortissements. L'exercice s'est donc conclu par une perte record de 19 millions d'euros, affectés au compte report à nouveau. Afin de financer cette perte, RLD a procédé à une seconde augmentation de capital de 20 millions d'euros avant la fin de la saison 1997-1998. Le total injecté par RLD lors de cette saison s'élève donc à 43 millions d'euros.

La saison 1998-1999 est de nouveau marquée par un investissement important avec des recrutements de 10 nouveaux joueurs pour un montant total de 31 millions. Cette saison restera comme la plus réussie de l'ère RLD, malgré un sentiment d'échec, avec un titre perdu à la dernière journée suite à la victoire de Bordeaux à Paris, et une épopée en coupe de l'UEFA interrompue en finale par une équipe de Parme survitaminée.
Boostés par ces très bons résultats sportifs, les produits d'exploitation ont été multipliés par 2,5 pour atteindre un montant record de 68 millions d'euros. L'ambitieuse campagne de recrutement et l'explosion de la masse salariale chargée ont entraîné des charges records à hauteur de 73 millions d'euros.
L'OM connaît donc un nouveau déficit d'exploitation, cette fois-ci à hauteur de 5 millions d'euros. Les résultats exceptionnels sont également à nouveau négatifs et le déficit final pour la saison s'élève donc à 8 millions d'euros.
Afin de combler ce déficit, RLD procède à une nouvelle augmentation de capital à venir avec une avance de 8 millions d'euros effectuée au 30 juin 1999, à comptabiliser au capital pour la saison suivante.

Cette première période de l'ère Louis-Dreyfus se conclut donc un investissement global de RLD à hauteur de 51 millions d'euros, qui ont essentiellement abouti à l'acquisition d'un capital joueurs important et à une structuration du club.

Gaspillage et dilapidation des actifs 

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Le suisse Yves Marchand, cadre dirigeant très réputé d'Adidas, a été nommé président de l'OM par RLD avec comme objectif de poursuivre l'amélioration des résultats sportifs, tout en rendant le club rentable. C'est peu de dire que l'objectif ne sera pas atteint.

La saison 1999-2000 est marquée par d'importants bouleversements qui aboutiront à un des plus grands gâchis de l'histoire de l'OM et au début d'un incroyable gaspillage des ressources injectées par RLD pour faire grandir le club. Ce gâchis est essentiellement imputable à deux personnes, Rolland Courbis et Yves Marchand.
Ses relations exécrables avec Marchand et les mauvais résultats aboutissent au licenciement de Courbis en novembre 1999, l'OM étant neuvième du championnat et humilié en LDC, et à son remplacement par Casoni. Le gaspillage de l'actif joueurs se poursuit au mercato avec le départ de Ravanelli et Dugarry. Malgré l'objectif fixé à Casoni d'atteindre le podium, les résultats ne s'améliorent pas, ce qui n'est pas surprenant, et l'OM termine 15ème avec 42 points, en se sauvant au goal average à la dernière journée.
Les résultats financiers sont également très moyens, malgré des produits s'élevant à 106 millions d'euros, avec des charges de 109 millions d'euros (dont une masse salariale chargée de 36 millions d'euros). Ce sont les résultats exceptionnels, déficitaires de 8 millions d'euros (dont une partie a probablement été liée à la perte de valeur des joueurs sous contrat), qui contribuent beaucoup au déficit final de 12 millions d'euros.

La saison 2000-2001 voit la poursuite de cette dilapidation avec le départ de plusieurs joueurs prometteurs et un résultat d'exploitation négatif de 31 millions d'euros, ce qui aboutit à une perte finale catastrophique de 39 millions d'euros.
A l'époque, la valeur nette comptable des joueurs était révisée à chaque année en fonction de la valeur potentielle de revente du joueur, pour la 2ème année consécutive, cette valeur a été dépréciée, cette fois-ci de 10 millions d'euros, ce qui est un signal fort de l'effondrement de l'actif joueur.

Au cours de l'exercice, l'OM a procédé à une affectation de la quasi totalité des pertes accumulées depuis 3 ans, et évaluées à 42 millions d'euros en diminuant le capital à 7 millions d'euros. Un apport de RLD via Eric Soccer de 24,5 millions d'euros a par la suite permis de ramener le capital de l'OM à 31,5 millions d'euros. Ce sera le dernier apport en capital au club de son vivant.

La saison 2001-2002 restera probablement dans l'histoire de l'OM comme celle qui aura cumulé le plus d'actions ridicules, de luttes intestines et de magouilles de tout ordre.

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Les produits d'exploitation se sont élevés à 104,3M, soit une augmentation de 12%, mais l'explosion des charges à 141M euros, avec notamment des amortissements à hauteur de 23M et une remontée de la masse salariale chargée de 25% aboutit à un résultat d'exploitation déficitaire de 39 millions d'euros pour la deuxième année consécutive.
Ce coup-ci, RLD ne souhaite plus investir à fonds perdus dans l'OM, et procède à un artifice comptable qui va devenir son seul moyen d'apporter des fonds au club, l'abandon de créance avec une clause de retour à meilleure fortune, cette saison à hauteur de 31,5 millions d'euros.

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On peut effectuer un premier bilan de l'apport de RLD qui aura investi à 75,5 millions d'euros, pratiquement à fonds perdus et aura consenti à son premier abandon de créance de 31,5 millions d'euros, dans un club qui aura dilapidé tous les actifs acquis grâce à ces investissements.

 

Accéder à la deuxième partie de l'article

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